Ce vendredi, les agents de la prison de Marche-en-Famenne ont fait grève pour dénoncer le manque d’effectifs au sein de l’établissement pénitentiaire. Un mouvement bien suivi, même si aucun piquet de grève n’était visible à l’entrée du bâtiment.

 "Vu la situation sanitaire, organiser un piquet de grève aurait été un peu compliqué", explique Amaury Wets, délégué syndical CSC. Un seul agent s’est présenté à la prison vendredi matin.

L’établissement a fonctionné avec l’appui de certains membres du personnel administratif, de la direction, des ateliers et de deux policiers. Quant aux prévenus, ils sont restés en cellules.

La prison marchoise compte actuellement 190 agents pénitentiaires, pour un cadre fixé à 200 depuis la rationalisation de 2016. " Malgré la promesse du ministre de la Justice de remplir ce cadre, on fonctionne avec 5% des effectifs en moins » poursuit le délégué syndical.  " Et entre les départs à la retraite et les départs vers d’autres postes, les prévisions en termes d’engagements ne sont pas bonnes."

Une situation que les syndicats dénoncent depuis plusieurs années.  "Travailler en sous-effectif signifie des congés et des pauses qu’on ne peut pas prendre. Il faut rappeler des gens au repos pour combler les vides. C’est une chaîne sans fin. D’autant qu’on a depuis lors créé d’autres postes, sans nouveau calcul du cadre. Un cadre qui n’est plus adapté au régime actuel."

Les syndicats espèrent rencontrer les représentants de la direction régionale très prochainement. Initialement programmée le 23 mars suite au préavis de grève déposé le 15, la réunion a été annulée la veille pour raisons impérieuses avec une proposition de report au 30.  "Mais à l’heure actuelle, nous n’avons toujours pas reçu d’annonce officielle", déplore le délégué syndical.