Une recrudescence de cas de coronavirus est constatée dans les établissements scolaires de la province de Luxembourg. Dans les écoles du ressort du service de Promotion de la santé à l’école (PSE), du 29 novembre au 3 décembre, 475 cas positifs ont été signalés, ce qui a entraîné la fermeture d’une septantaine de classes.

Des chiffres à prendre avec des pincettes, comme l’explique Valérie Éliard, au cabinet du député Stéphane De Mul.

"Un changement est intervenu dans le tracing et il devient difficile de fournir des données exactes, indique-t-elle. Les directions d’écoles peuvent fermer elles-mêmes les classes et ne plus prévenir les PSE. De plus, les consignes changent de jour en jour. Pour fermer une classe, alors qu’on passait de quatre à trois cas positifs la semaine dernière, à présent, il n’en faut plus que deux."

Du coup de sonde dans les écoles de la province, il ressort que la situation est complexe à gérer dans les établissements scolaires. Dans la commune de Houffalize, Stéphane Lambert, le directeur de l’école Les Lys, a été testé positif au Covid-19. " Vacciné, je ne suis pas très malade, juste un petit rhume, mais la quarantaine m’oblige à rester à la maison durant dix jours. Je n’ai pas pris de congé de maladie et je continue à travailler par écran interposé", souligne-t-il.

Le directeur houffalois précise que depuis lundi, date à laquelle plusieurs cas de Covid ont été décelés dans les implantations communales de Houffalize et Wibrin, les classes de 5e et 6e primaires sont fermées. La section maternelle à Wibrin a aussi été contrainte de fermer ses portes. Les élèves concernés ont été placés en quarantaine pour une période de dix jours.

"Le Comité de concertation aurait dû fermer les écoles immédiatement et non attendre le 20 décembre, proteste-t-il. En effet, la situation est vraiment très compliquée à gérer pour les directions. Les règles chan gent tout le temps. L’application de celles-ci varie d’un médecin à l’autre. On ne s’y retrouve plus."

Un avis que partage Cédric Bayard, directeur de l’école libre de Saint-Mard.

"Nos deux implantations ont pu rouvrir, le 8 décembre, au terme de la quarantaine, mais tous les élèves ne sont pas présents, relève-t-il. Il y a, entre 30 et 40 % d’absents, ce qui complique la tâche des enseignants mais aussi de la direction. La semaine de congé supplémentaire à Noël ne va rien changer. Cette mesure intervient beaucoup trop tard. "

Dans la commune de Manhay, où l’école primaire de Dochamps est fermée depuis jeudi dernier, après la découverte d’un cluster de onze cas positifs dont l’enseignante, la directrice Virginie Dehard exprime, elle aussi, son ras-le-bol.

"Le système de tracing et de suivi est très compliqué à gérer, déplore-t-elle. Tous les deux jours, on reçoit une nouvelle circulaire. Le Comité de concertation n’a, à mon sens, pas pris la bonne décision en avançant la date du congé de Noël d’une semaine. C’est maintenant qu’il faut stopper la propagation du virus dans les écoles. Je ne comprends pas pourquoi les vacances de Noël ont été allongées."

Nadia Lallemant