Un Marchois vient d’écoper d’une peine de travail pour coup et blessures dans un bar du centre-ville. Des faits à priori banals, à ceci près qu’ils ont nourri un véritable débat de société devant le tribunal correctionnel de Marche, entre question de genre, homophobie et harcèlement sexuel. Le prévenu a frappé un homme parce que ce dernier venait de lui mettre la main aux fesses. Une agression purement gratuite pour le parquet et la partie civile. 

La réponse à un geste obscène pour la défense. « N’est-on pas en train de faire deux poids deux mesures ? Et si c’est mon client qui avait mis la main aux fesses d’une fille ? Si les genres avaient été inversés, la réponse pénale aurait-elle été la même ? Je ne pense pas. Il aurait été poursuivi pour attentat à la pudeur », estimait Me Gilles Gruslin à l’audience en janvier dernier, contestant toute réaction homophobe au passage. La défense plaide au contraire l’excuse l’égale de provocation. « Mon client a perçu le geste de la partie civile comme une atteinte à son honneur. Sans ce comportement obscène et déplacé, les faits ne se seraient pas produits. » Des arguments qui n’ont pas su convaincre le tribunal. « Même à supposer que la victime ait mis la main aux fesses du prévenu avant les coups portés, cela apparaît totalement insuffisant pour retenir l’excuse de provocation : le tribunal relève que le prévenu frappe la victime une première fois, puis une deuxième fois ; cela enlève le caractère éventuel d’immédiateté de la réaction du prévenu », peut-on lire dans le jugement prononcé jeudi. 

Le juge considère par ailleurs la réaction du prévenu disproportionnelle aux agissements de la partie civile. Outre l’altercation en question, le prévenu devait également répondre de violences et harcèlement envers son ex-compagne. Des préventions qui lui valent aujourd’hui une peine de travail de 200 heures, ou 12 mois d’emprisonnement en cas de non-exécution.