Sous l’effet de l’alcool, le prévenu s’est transformé en vraie tornade dans son quartier

À seulement 19 ans, Jordan (prénom d’emprunt) est un exemple parlant des ravages de l’alcool. Le jeune homme est actuellement poursuivi devant le tribunal correctionnel de Marche pour de multiples dégradations commises de décembre 2018 à juillet 2019 dans une cité sociale de Bourdon, toujours sous l’emprise de la boisson.

En avril, le prévenu a littéralement saccagé l’habitation de sa voisine. Sans aucune raison apparente. "Un acte de méchanceté gratuite", souligne Sylvain Danneels, l’avocat de la victime. "Monsieur est allé jusqu’à prendre des parpaings volés chez un voisin pour détruire tout le mobilier. Il a répandu de la farine et uriné sur les lieux. La scène aurait d’ailleurs été filmée par une jeune fille et diffusée sur Snapchat. Les intervenants diront d’ailleurs que c’est comme si une tornade avait traversé l’habitation."

Des faits d’autant plus interpellants que le prévenu entretenait visiblement de bons contacts avec sa voisine, dont il connaissait très bien les enfants. "Une semaine avant les faits, il avait été logé et nourri par ma cliente. Elle ne comprend pas comment cela a pu arriver." Le prévenu n’en sait visiblement pas davantage. "Je ne me rappelle presque pas. J’avais encore bu", commente-t-il à l’audience.

Quelques mois auparavant, il s’était rebellé contre des policiers venus l’interpeller pour ivresse sur la voie publique, blessant une policière à l’épaule dans la foulée. "Monsieur a littéralement pété les plombs. Les policiers ont du se mettre à quatre pour le menotter et l’embarquer", souligne Cédric Bernès, l’avocat de la zone de police et des policiers constitués parties civiles.

Dernier épisode de la série noire en juillet 2019. Jordan avait alors dérobé une hachette dans un garage pour aller saccager l’habitation d’un couple de riverains avec lesquels il s’était disputé. "Parce que j’avais la rage et que je voulais lui couper la tête", avait-il déclaré aux policiers à l’époque. Depuis, le jeune homme assure ne plus toucher à l’alcool. Le parquet réclame 8 mois avec sursis probatoire à son encontre. La défense sollicite une peine autonome de probation avec suivi psychologique à la clé. Jugement le 28 février.

N.P.