Le 8 juin dernier, un homme de 35 ans a provoqué un sacré grabuge aux environs du commissariat de Bertrix. Il doit aujourd’hui répondre de vol de véhicule, coups et blessures, violation de domicile, rébellion, outrage, dégradation de mobilier…

La scène débute par une violente dispute conjugale en voiture. Alors que sa compagne se trouve au volant, le prévenu lui porte une vingtaine de coups. "Elle s’arrête, il prend le volant, crève un pneu en montant sur une bordure, puis repart sur la jante en laissant sa compagne au bord de la route", explique le substitut du procureur Marie-Ève Bouillon. Il se rend alors chez son ex avec laquelle il a eu deux enfants. La propriétaire des lieux absente, c’est sa fille née d’une précédente union qui ouvrir la porte. L’adolescente refuse de laisser le prévenu rentrer, il la bouscule d’un coup de porte puis saccage tout dans la maison. Alors qu’il reprend la route, des policiers sont interpellés par cette voiture qui roule sur une jante.

L’interpellation vire au désastre. Le prévenu réplique à coups de pieds et de poings. Des pompiers doivent venir prêter main-forte aux policiers pour venir à bout du forcené, placé en détention préventive puis bracelet électronique depuis les faits. "J’avais un peu trop bu : quatre grands verres de vodka, deux bières, et du bromazepam", reconnaît le prévenu à l’audience. Il reconnaît la dispute à bord de la voiture, mais évoque plutôt des coups réciproques. "Nous étions saouls tous les deux. Avec le virus, on restait ensemble 24h sur 24. C’était un peu explosif." Il conteste par contre le vol du véhicule. "Dans un couple, il arrive qu’on se dispute et qu’on laisse une personne sur le bord de la route. Mais à aucun moment il n’y a eu d’intention frauduleuse", souligne l’avocate de la défense, Catherine Hins.

Le parquet réclame 20 mois de prison, rappelant au passage les nombreux antécédents judiciaires du prévenu. "On parle ici d’une période infractionnelle d’1h30. Mais depuis 2015, monsieur s’est calmé", poursuit son avocate, qui sollicite une peine de travail ou des mesures probatoires. Jugement prononcé le 6 octobre.

N.P.