Luxembourg Le témoignage de la propriétaire, poursuivie pour la mort de Zachary Mortier, a gelé la salle.

Ce mercredi matin, le papa et la maman de Zachary Mortier (9 ans), décédé tragiquement en février 2014 dans un appartement à Habay, intoxiqué au monoxyde de carbone suite à un chauffe-eau défaillant, étaient présents pour entendre les explications de la propriétaire du logement en question.

Son mari étant décédé depuis les faits, elle comparait donc seule, à 76 ans. On lui reproche d’avoir involontairement causé la mort de l’enfant, par négligence ou défaut de prévoyance.

Le juge Pavanello a réalisé une audition exemplaire en prenant soin de bien faire comprendre à la prévenue que chaque détail comptait dans cette affaire. Et on a pu se rendre compte que la propriétaire ne connaissait visiblement pas tous les aspects techniques de l’installation. Le couple louait quand même le bien. "C’est mon mari qui s’occupait du chauffe-eau et de toutes les autres installations électriques et de chauffage du bâtiment. Il faisait son travail et je n’ai jamais vérifié ce qu’il faisait. S’il y avait un problème ? Il le réparait. Je n’y connais rien moi, en chauffe-eau. Hormis montrer aux locataires comment il fallait l’allumer", explique-t-elle.

Sarah Pollet, substitut du Procureur du Roi, lui pose ensuite une bonne question : "Madame, les parents attendent une réponse. C’est le moment de la leur donner. Quelle est, selon vous, votre responsabilité dans la mort de Zachary ?". La réponse est limpide. "C’est difficile d’accepter qu’un enfant soit parti. C’est désolant et j’y pense encore aujourd’hui. Je reconnais qu’il y a eu un problème technique avec notre installation, mais ce n’est pas moi la responsable de sa mort", confie-t-elle.

Le second prévenu est un architecte et coordinateur santé-sécurité bien connu de la région. Intervenu en avril 2011 dans l’immeuble en question, il est poursuivi pour les mêmes préventions.

A-t-il correctement fait son boulot, trois ans avant le drame ? "Je devais réaliser une enquête, dans le cadre de la Région Wallonne. Mon rôle ? Inspecter les lieux et vérifier les installations électriques. Le chauffe-eau ? On l’a vérifié. Je ne l’ai pas démonté. Ce n’était pas une de mes missions", dit-il en substance. Bref, la faute à pas de chance.

Dans la salle d’audience, règne un silence de plomb. Place maintenant aux conclusions des différentes parties. Le dossier reprendra le 8 janvier.

L.T.