Luxembourg

Cent jours après sa prestation de serment, l'échevin de Libramont raconte le supplice qu’il a vécu et qui l’a fait plonger avant de rebondir.

Jonathan Martin est vice-président de Défi et échevin de la Culture à Libramont. Son choix ainsi que celui de ses partenaires PS de convoler avec Chevy lui a fait vivre un enfer pendant des semaines.

"Il n’y avait pas que les insultes par SMS, mais par les réseaux sociaux. Les gens me regardaient de travers en rue ou dans les commerces, on avait des réactions de recul comme si j’étais un pestiféré… C’était excessivement violent car je m’investis dans un projet de ville pour améliorer le confort des habitants", explique celui qui nous avoue être tombé en dépression.

"Je ne suis pas sorti de chez moi pendant un mois entier. J’ai eu la chance d’être suivi par les équipes mobiles DiapaZon mises en place par Vivalia. J’avais quelqu’un à la maison un jour sur deux. Ils sont habitués à traiter les périodes de crise. Après un mois, le suivi est un peu plus espacé", raconte-t-il.

Jonathan Martin était dans un tel état, les agressions étaient telles, qu’il envisageait, avec son épouse, de tout quitter pour aller s’installer ailleurs. "Un jour, j’étais prêt à me battre, le lendemain, ça me semblait impossible à affronter", se souvient avec le sourire celui qui a remonté la pente depuis.

Dans cette épreuve, il a pu bénéficier des encouragements de ses partenaires PS et surtout d’Olivier Maingain qui l’a assuré qu’il le soutiendrait quel que soit son choix.

L’hostilité était telle que sa prestation de serment comme conseiller puis comme échevin lui semble surréaliste. "On me demande de venir la veille pour une répétition, organisée pour définir mes déplacements, afin que je ne passe pas devant telle et telle personne. Le jour dit, la sécurité m’a envoyé une voiture et je suis arrivé deux heures avant tout le monde, pour ne prendre le risque de croiser personne. Il y avait cinq types en civil avec des oreillettes autour de moi pour gérer les éventuels mouvements de foule. On m’avait installé une application de cohérence cardiaque pour que je garde mon calme…" , rigole-t-il aujourd’hui. Un vrai film d’action.

Exagéré ? Pas vraiment : il y avait environ 350 personnes lors de cette prestation de serment pendant laquelle on a entendu de fortes huées. "J’ai pris un xanax au passage, j’ai senti la main dans mon dos de mes alliés politiques. Impressionnant, mais ça s’est passé moins mal que prévu."

Aujourd’hui, Jonathan Martin a surmonté l’épreuve. Plus que ça même : il a porté plainte contre un politique qui l’a blâmé de l’accident de voiture du mari d’une candidate. "Dorénavant, ce sera systématique ; je porterai plainte pour chaque intimidation, chaque calomnie, chaque diffamation", prévient-il. Plus question de subir ce genre de violence.

Retrouvez dans l'édition de ce lundi les confidences de Jonathan Martin: les pires crasses qu'il a entendues à son sujet et les coulisses des négociations à Libramont