Habituellement consacrées aux infractions de roulage, les audiences du tribunal de police se sont spécialisées dans un nouveau type d’incivilité depuis le début de la pandémie : les infractions aux mesures sanitaires. Une quinzaine de dossiers Covid ont défilé vendredi matin devant le tribunal marchois. Certains des prévenus comparaissaient pour s’être rassemblés en groupe à l’extérieur lors du premier confinement. 

Comme ce jeune Bruxellois ou ce couple de jeunes Carolorégiens, prêts à braver l’interdiction de déplacement pour s’offrir une parenthèse bucolique en Ardenne. " Le problème avec le respect des mesures Covid, c’est que ça emmerde tout le monde", observe le juge Marc Pochet. "Mais on vit dans un pays démocratique avec des lois, des ordonnances, des réglementations à respecter. Si tout le monde fait ce qu’il veut, c’est l’anarchie."

 La pluparts des prévenus peuvent toutefois espérer s’en tirer avec une simple suspension du prononcé. " Pour qui n’a pas d’antécédents, pour qui a compris la nécessité de respecter ces fameux arrêtés ministériels, les préventions sont déclarées établies, mais avec la suspension de toute condamnation pour une durée de deux ans", précise le juge. Tout juste les prévenus devront-ils s’acquitter des indemnités de procédures. Soit une centaine d’euros. Pour d’autres au contraire, l’issue s’annonce plus incertaine. Même si le président du tribunal n’entend pas réprimer à l’aveugle. Quitte à reporter des dossiers sine die dans l’attente de devoirs complémentaires. "Je ne suis pas un distributeur automatique de sanctions pénales", assure le juge.

N.P.