Le virus n’a pas que des conséquences importantes au niveau financier. On pense notamment à tous ces bénévoles qui passent leur temps à aider les autres toute l’année. Comme à l’abri de nuit à Arlon par exemple, où il en manque en ce moment.

"On devait ouvrir le 1er octobre, mais nous n’avons pas pu le faire. Pourquoi ? On manquait de bénévoles. En temps normal, on tourne avec environ 80 personnes. Pour le moment, on peut compter sur 40 d’entre-elles. Faites le calcul. Il nous en manque donc la moitié", constate amèrement Stéphanie Braune, la responsable du centre. Et la situation n’a guère évolué ces derniers jours.

Aujourd’hui, difficile de trouver de bonnes âmes. Ce n’est pas de la faute des citoyens, mais c’est surtout lié aux mesures sanitaires… "En effet. Distanciation sociale, espace plus petit qu’à l’accoutumée… Des mesures plus restrictives. De plus, la plupart des bénévoles ont souvent plus de 55 ans, ce sont donc des personnes à risque. Et nous ne voulons pas en prendre. Si on ajoute le couvre-feu à partir de 22 heures et un éventuel confinement, comment voulez-vous que les gens fassent pour venir nous aider ?", ajoute-t-elle.

Depuis quelques semaines, c’est donc le branle-bas-de combat pour rattraper le temps perdu. Car l’abri ouvrira bien ses portes en novembre, la date exacte devant encore être fixée. Un appel à candidature, si on peut dire, avait ainsi été lancé. "Nous avons reçu environ une quinzaine de réponses, c’est super ! On devrait tourner avec environ 55 personnes pour commencer. Reste à voir si elles vont toutes rester ou bien, après avoir passé une nuit avec ce public très spécial, si elles ne viendront plus. C’est toujours l’inconnue… en temps normal. Une inconnue qui vient se greffer ici à la situation sanitaire/la crise que nous connaissons. Alors oui, cela risque d’être compliqué de notre côté. On ne sait pas trop comment la situation évoluera cet hiver."

L’an dernier, ils étaient presque 200 sans-abris à avoir régulièrement fréquenté l’abri de nuit. Des 20 lits proposés, seuls 16 seront disponibles à l’ouverture (covid oblige). Les bénévoles peuvent contacter le centre au 0473/56.19.40 (Rue de la Caserne 44, Arlon).

Restos du Coeur : des repas gratuits sont distribués depuis avril

Le collectif des Restos a une situation différente de l’abri de nuit. Ici, pas de bénévoles, mais quelques subsides obtenus de la Région wallonne (RW) pour passer l’hiver plus facilement. “Comptez environ 15 000 euros de la RW. Il faut savoir que nous disposons quand même de fonds propres et que nous achetons nos repas à 1 euro auprès de la Ville d’Arlon. En temps normal, on vend ces repas 0,50 cents. Depuis le début de la crise, ceux-ci sont gratuits. Il faut donc quand même trouver des sous pour rester en équilibre. Mais on ne se plaint pas. Ça ira ! D’autres associations ont bien plus de difficultés que la nôtre”, explique André Perpète, le responsable pour Arlon. Conséquence ? La distribution des repas gratuits a grimpé. Plus 70 % ! “L’effet gratuité, le fait que les enfants soient plus souvent à la maison avec leurs parents àcause du virus, des gens qui travaillent en noir dans certains secteurs et que l’on voit plus souvent qu’avant, etc. Toutes ces personnes expliquent sans doute cela”, dit-il encore.