Arrêté à Bruxelles en novembre, il apprend qu’il a été condamné par défaut en 2017 pour un vol commis dans la région d’Arlon...en 2012.

Ali Mesbah, Algérien d’origine (48 ans), est actuellement détenu à la prison d’Arlon. Le mois dernier, il est de passage en Belgique. Mais il est arrêté à la gare du Midi à Bruxelles, alors qu’il souhaite rentrer en Espagne, le pays où il vit en ce moment. C’est que qu’il prétend. Le contrôle d’identité révèlera qu’il ne peut plus circuler librement sur le sol belge, suite à une décision judiciaire rendue il y a quelques années. 

Les policiers vont aussi lui apprendre qu’il doit purger une peine de prison du côté d’Arlon. Voilà deux bons motifs pour son arrestation. Il tombera des nues en apprenant qu’il doit faire de la prison dans notre pays. Ali comparaissait donc ce mercredi matin car il conteste la décision rendue par ce tribunal d’Arlon le 27 mars 2017. Il n’était, selon-lui, pas au courant. « Un vol de sac dans un restaurant à Messancy. Les faits remontent à 2012, vous vous souvenez ? Le tribunal avait rendu son jugement par défaut il y deux ans et demi : 9 mois de prison ferme et une amende de 600 euros. Que faisiez-vous en 2017 pour ne pas être venu ici ? », lui demande le juge. Aujourd’hui, Ali peut enfin s’expliquer. « Mais moi, en 2017, j’avais déjà quitté la Belgique pour m’installer en Espagne. 

Depuis, je travaille comme agriculteur. Je n’ai jamais eu d’adresse fixe ici. Quand je suis arrivé d’Algérie en 2011, j’ai erré en rue et comme je n’avais pas d’argent, j’ai volé. J’ai été arrêté, mis en prison. Je suis ressorti. J’ai quitté le pays. Je ne pouvais donc pas savoir que j’avais été condamné, puisque je ne savais même pas que j’étais poursuivi », tente-t-il de bredouiller ce mercredi matin. Il espère ainsi annuler ladite condamnation et ne pas devoir exécuter sa peine de prison. Mais pour cela, il faut que le dossier soit recevable. Le juge rappelle quand même que ce vol à Messancy, en 2012, n’était pas son seul méfait sur le territoire belge lorsqu’il était, domicilié ou pas, en Belgique. 

Il certifie que le détenu a notamment déjà été condamné, au moins deux autres fois pour des faits similaires, par le tribunal de Bruxelles, entre 2012 et 2015. Un habitué du vol, en somme. Ce dossier a quand même des chances d’être réexaminé par le tribunal d’Arlon, comme le confirme le parquet. « L’opposition est recevable, selon moi. Mais j’insiste pour dire que la peine initiale prononcé par notre juridiction est juste », dit la substitute Seret. Verdict le 11 décembre.