Selon Me Jean Bourtembourg, la situation politique à Neufchâteau est insupportable.

Les plaidoiries se sont déroulées le 18 décembre à la Cour constitutionnelle dans l’affaire des élections à Neufchâteau. Un mois plus tard, la Cour n’a toujours pas tranché. Selon nos informations, l’arrêt devrait être rendu le jeudi 6 février. Cette date figure, en tout cas, dans le calendrier provisoire qui vient d’être établi.

Plus d’un an après les élections d’octobre 2018, les avocats des deux groupes politiques, Me Evrard de Lophem (Agir ensemble de Dimitri Fourny) et Me Jean Bourtembourg (Pour vous d’Yves Evrard), attendent le verdict avec impatience, même s’ils ne partagent pas le même point de vue.

"Tout le monde a envie que la page se tourne ", souligne Me Evrard de Lophem. "La commune de Neufchâteau reste, comme le gouvernement fédéral, en affaires courantes et est, dès lors, limitée dans ses actions. C’est paralysant sur le plan politique dans la gestion de certains dossiers. Cette situation inconfortable ne peut s’éterniser."

L’avocat rappelle que, à la suite du deuxième scrutin du 16 juin, les candidats d’Agir ensemble ont déposé un recours auprès du gouverneur parce que la possibilité n’avait pas été offerte aux étrangers de s’inscrire sur le registre des électeurs et que, dès lors, le gouverneur Olivier Schmitz a pris la décision d’interroger la Cour constitutionnelle.

Si un troisième scrutin devait être organisé, il espère que la Cour donnera des pistes sur la procédure à suivre pour éviter le même écueil et que le code de la démocratie locale ne devra pas être modifié, auquel cas les délais seront encore allongés.

Me Jean Bourtembourg, lui, est en colère. "L a situation est insupportable !", clame-t-il. "Un an et deux mois après les élections communales, tous les conseils communaux ont été installés, sauf à Neufchâteau. Dimitri Fourny a perdu les élections et il reste bourgmestre. Il n’a pas cédé sa place à la nouvelle équipe, fruit de l’alliance entre Pour vous et la 3e Piste. Le gouverneur s’est trompé : il ne devait pas interroger la Cour constitutionnelle et celle-ci ne doit pas répondre aux questions préjudicielles qui ont été posées. Il n’y a pas de violation de la Constitution. Le deuxième scrutin doit être validé."