L’ancien échevin de Neufchâteau, Daniel Michiels, est actuellement poursuivi devant le tribunal correctionnel pour outrage envers des policiers.

Les faits se sont déroulés alors qu’il était toujours en fonction, le 16 décembre 2018. De retour d’une soirée bien arrosée au volant de sa voiture, l’ex-élu est entré en collision avec autre véhicule après avoir franchi la ligne blanche dans un virage près de Longlier. Appelés sur place, les policiers ont rapidement constaté qu’il se trouvait sous l’influence de l’alcool.

"Le prévenu est passé par toutes les stratégies pour échapper au contrôle", souligne Benjamin Dethier, avocat des deux policiers constitués parties civiles. "Il s’est d’abord vanté d’être le premier échevin et de siéger au conseil de police. Mais la pommade ne fonctionnant pas, il est passé en mode agressif. Il s’est mis à contester les résultats de l’éthylotest, a traité les policiers de menteurs, puis a sorti son téléphone pour appeler des personnes haut placées, dont le bourgmestre de Neufchâteau et le chef de corps, menaçant les policiers de mettre un terme à leur carrière."

Le parquet réclame un mois d’emprisonnement et 800€ d’amende pour outrage, ainsi qu’un mois de déchéance du droit de conduire et une amende pour les infractions de roulage.

Représenté par son avocat, le principal intéressé conteste la prévention d’outrage. "Il faut faire la balance entre l’outrage, qui est une atteinte à l’ordre public, et la liberté d’expression", estime l’avocat de la défense Paul-Emmanuel Ghislain. "Que mon client ait été agressif, énervé, cela ne va pas à l’encontre de l’ordre public. Qu’il ait fait semblant de téléphoner au bourgmestre ou au parquet, cela relève de la liberté d’expression."

L’avocat conteste d’ailleurs les menaces envers les policiers. "Pas une fois il n’est dit dans le PV que mon client traite les policiers de menteurs ou qu’il menace leurs carrières. Ce ne sont que des conjectures." Une remarque à laquelle l’avocat de la partie civile n’a pas manqué de répliquer en citant des extraits du fameux procès-verbal ainsi que le témoignage des pompiers présents sur place. Jugement le 18 mai.