Les pluies incessantes de ces derniers jours ont transformé l’Ourthe en un torrent déchaîné. D’habitude si tranquille en été, la rivière est sortie de son lit à de nombreux endroits, inondant les maisons, submergeant les routes.

"Le débit de la rivière a atteint les 225m³/seconde. Du jamais vu en 30 ans d’enregistrement ", commente le bourgmestre de La Roche, Guy Gilloteaux. Jeudi après-midi, la commune comptait déjà une centaine d’immeubles sinistrés. "Notre priorité pour l’instant est de nous concentrer sur les vies, la bonne santé des gens, la recherche des personnes isolées. Avec parfois une certaine incompréhension de la part du public. On s’est retrouvé dépassé par les événements."

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Le centre-ville de La Roche figure parmi les quartiers les plus touchés de la commune. "Le Val de Bronze a été frappé par un véritable torrent. Á tel point qu’un mur d’une école a été emporté par les flots. Jeudi matin, c’est le Quai de l’Ourthe et la Rue Clérue qui ont été inondées."

On dénombre également de nombreux glissements de terrains. "Il a fallu fermer la Nationale entre Hotton et La Roche, ainsi que la N89 tant les matériaux solides qui descendaient des collines étaient nombreux. À certains endroits, l’asphalte s’est déplacé verticalement tant la pression était importante."

Le bourgmestre réfute par contre tout danger concernant le barrage de Nisramont. "Contrairement à ce que certaines rumeurs laissaient entendre, le barrage n’est pas menacé. J’ai vu des gens prendre leur voiture de peur que le barrage ne lâche. Mais l’effondrement du barrage n’a jamais été un risque. J’ai interrogé le Gouverneur à ce propos, et il m’a confirmé qu’il n’y aurait pas de lâcher d’eau."

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La crue a également provoqué de nombreux dégâts dans la commune de Rendeux, quelques kilomètres en aval. On déplore notamment la disparition d’une jeune fille de 15 ans, emportée par les eaux à Marcourt, ainsi que l’effondrement d’une chaussée entre Hodister et Rendeux-Haut.

À Hotton, les digues situées le long des berges n’ont pas suffi à retenir la rivière, dont les flots se sont répandus dans la plupart des rues du centre-ville, coupant les principaux axes de circulation entre les communes de Durbuy, Marche et La Roche.

À Durbuy, l’eau a déferlé sur la vieille ville, obligeant les hôtels à évacuer les nombreux touristes qui les fréquentent habituellement à cette période de l’année. "C’est la première fois depuis que les murs anti-crue ont été construits dans les années 1990 que le centre de Durbuy est inondé", commente le bourgmestre Philippe Bontemps. "La situation est catastrophique." Même constat à Bomal, où la situation semblait toutefois tendre à la décrue vers la fin de la journée. Les intempéries n’ont pas seulement frappé la vallée de l’Ourthe. Plusieurs villages des communes de Marche et Nassogne se sont retrouvés sous eau suite au débordement de la Wamme. Les inondations ont également provoqué le déraillement d’un train qui roulait à vide à l’entrée de la gare de Rochefort-Jemelle.

N.P.