Les travailleurs frontaliers pestent depuis la création de la bande de covoiturage à hauteur de Sterpenich. Pour eux, elle n’est pas utilisée à bon escient et elle ne résout pas les problèmes quotidiens d’embouteillages. Bref : un vrai fiasco qui a coûté plusieurs millions d’euros. “Je peux comprendre les conducteurs qui voient effectivement cette bande où il n’y a finalement que de rares autos qui y circulent aux heures de pointe, pendant qu’eux-mêmes doivent attendre dans la file. Il ne faut pas non plus dire que cela est une idée débile des politiciens d’avoir créé cette voie de circulation. On l’avait annoncé comme étant un projet pilote qui devait nous montrer comment une bande en plus pouvait inciter les travailleurs frontaliers à faire du covoiturage”, explique aujourd’hui l’ancien Ministre wallon de la Mobilité et des Transports, Carlo Di Antonio (cdH). 
 
Avec le recul, l’actuel bourgmestre de Dour reconnaît que ce dossier n’était peut-être pas totalement abouti au moment du démarrage de cette voie de circulation. Selon lui, il faut essentiellement quatre éléments pour qu’un tel projet soit efficace : une offre de parking suffisante en amont, une application mobile pour trouver des covoitureurs, une voie de circulation (NdlR : tout ceci a été réalisé) mais il manquait sans doute un dernier ingrédient. Et de taille ! “Un incitant fiscal. Ce n’était plus de mon ressort car il s’agit d’une matière Fédérale. Je pense qu’actuellement, il faudrait penser à récompenser davantage les navetteurs qui font l’effort d’abandonner leur voiture. C’est vrai que si on pouvait avoir ce package global, la situation serait sans doute meilleure en termes d’optimisation de cette voie de circulation. On aurait aussi pu être plus souple dès le départ, en autorisant l’accès à cette voie lorsqu’il y a deux personnes à bord, au lieu de trois actuellement”, poursuit-il. 
 
On pourrait aussi ajouter un cinquième facteur : le Belge est-il capable de délaisser son véhicule ? “ L’automobiliste est égoïste, comme on dit. Jamais sans ma voiture… Je ne sais pas si les citoyens sont prêts ou veulent vraiment évoluer dans ce sens”, conclut-il.