Luxembourg

Face au juge, les détenus sont souvent incohérents dans leurs explications.


. Le crime ne paie pas toujours. Joao, un homme d’origine portugaise de 26 ans, habitant aux Pays Bas, vient de l’apprendre à ses dépends. Au moment des faits (avril 2019), il était accompagné d’une ami néerlandais : Michael (27 ans). Ce dernier a joué le rôle de chauffeur dans cette affaire. Ils ont récemment été interpellé en possession d’une grande quantité de stupéfiants à Arlon, en pleine action. Direction la case prison pour une détention provisoire. 

Face à la juge Brilot, Joao est d’abord dans ses petits souliers. « On vous a arrêté en possession de 500 grammes de cannabis et de 124 grammes de pilules parfaitement conditionnés pour la vente. Sans compter d’autres produits stupéfiants trouvés dans un sachet. Des quantités de drogue très importantes », rappelle-t-elle. Avant d’enchaîner…« Pourquoi ne pas vendre cette drogue plus près de chez vous? A qui cette drogue était-elle destinée? » Joao ne nie pas les faits mais refuse de dévoiler le nom de ses « patrons ». Il s’embrouille dans ses explications et tarde à répondre à la dernière question, prétextant une situation sociale compliquée.Il noie le poisson. La juge lui rafraîchit rapidement la mémoire et lit les déclarations données à la police, quelques semaines plus tôt. Comme par hasard, Joao a un déclic et se souvient. « J’ai acheté la drogue à Rotterdam dans un coffee-shop, pour 2 000 euros. J’y ai été avec un ami : Michael. Le gérant du coffee-shop nous a ensuite expliqué que si on voulait gagner de l’argent, il valait mieux venir vendre par ici. Au Luxembourg, elle se vendra toujours plus cher et mieux qu’ailleurs », lâche-t-il enfin. 

Les deux comparses prennent alors la direction du Luxembourg pour y écouler la camelote avant d’être arrêtés. C’est maintenant au tour de Michael de s’expliquer. Il dément. « Je n’étais pas au courant. Je savais qu’il avait un peu de cannabis sur lui. Pas le reste. Je croyais que c’était pour sa consommation personnelle. On voulait aller faire la fête au Luxembourg. C’est ce qu’il m’avait proposé. » Ces explications n’ont guère convaincu la juge Brilot. Ils risquent plusieurs mois de prison (max 24 mois avec sursis) et une amende (250 euros). Le jugement sera rendu à la rentrée judiciaire.