La Mutualité socialiste du Luxembourg ne perdra pas son autonomie. Le Conseil d’Etat a, en effet, annulé l'arrêté royal du 22 février 2019. Un arrêté qui visait  la suppression des mutualités de moins de 75.000 membres.

 " La ministre De Block avait inscrit dans un pacte dit d’avenir, diverses modifications des missions et rôles des mutualités au travers d’un document de 74 pages, sorte de mémorandum politique reprenant sa vision du secteur des mutualités", rappelle Jacques Gennen, président du conseil d’administration de la Mutualité socialiste du Luxembourg.  " Cette décision politique a finalement produit l’arrêté royal du 22 février 2019 qui a d’emblée considérablement bouleversé le paysage des mutualités, en poussant celles-ci à d’importants mouvements de fusion, encore en cours aujourd’hui."

La Mutualité du Luxembourg s’est indignée face à cette politique inacceptable, qui allait à l’encontre des objectifs stratégiques de proximité. Constatant que le but poursuivi n’était pas du tout fondé ni les motivations invoquées objectives, elle a par conséquent introduit un recours en mai 2019.

 " Dans son arrêt, le Conseil d’Etat constate avec nous le caractère illégitime et tout à fait disproportionné d’une telle règle et fait donc droit intégralement à notre demande", poursuit Jacques Gennen.  "Il a également relevé qu’il n’y a aucune justification admissible du rehaussement considérable du nombre minimal de membres que doit compter une mutualité. Par la même occasion, c’est surtout la liberté d’association, notre revendication de fond, qui est consacrée. C’est tout autant une immense joie pour la Mutualité qu’une victoire pour les 24.009 signataires de notre pétition qui dénonçaient l’inacceptable fin des soi-disant petites mutualités."

La Mutualité du Luxembourg peut ainsi conserver son autonomie juridique et de gestion tout en restant acteur essentiel de l’organisation de la santé, sans être obligée de devoir intégrer ou d’être absorbée par des méga entités où à la fois la perte de la spécificité ainsi que la personnalisation des contacts avec les affilés étaient à craindre.

"Cette décision marque, nous l’espérons, la fin d’un combat commencé il y a plus de deux ans. Nous sommes ainsi heureux de pouvoir continuer à offrir à nos concitoyens luxembourgeois une mutualité avec un ancrage local", conclut-il.