Luxembourg Pour Nadine Aubertin qui transforme les pommes à Rachecourt, 2019 est une mauvaise année.

L’an passé, la récolte de pommes avait été exceptionnelle dans le pays. On parlait même de record tant les chiffres étaient importants. Mais 2019 ne restera pas dans les mémoires. Et cela a des répercussions en Gaume.

"Je n’ai jamais vu ça en 25 ans. C’est la catastrophe. Zéro pomme. Il n’y en a pas eu assez cette année. À la limite, je préfère avoir un peu de pommes chaque année, plutôt que beaucoup une année, puis rien du tout la suivante", constate Nadine Aubertin.

À Rachecourt , elle possède un atelier de transformation (jus de pomme). À cette période de l’année, elle devrait normalement être en plein travail pour gâter ses clients. Las pour elle, point de clientèle à l’horizon vu le manque de pomme. "D’habitude, je les achète à Saint-Trond, dans le Limbourg. Mais il n’y en avait pas assez. J’ai donc dit à mes clients que cette année, ils n’auraient rien. Et je n’ai pas non plus besoin de personnel pour les presser", poursuit-elle.

Selon Nadine, plusieurs facteurs expliquent cette situation exceptionnelle. "Il y avait déjà beaucoup trop de fruits l’an dernier : des groseilles, des cerises, des pommes, des poires, etc. On en trouvait plein partout. Je me disais que ça aurait sans doute eu des conséquences l’année suivante. Et c’est souvent le cas après une année d’abondance. De plus, il n’y a pas vraiment eu de printemps. La gelée et la pluie se sont longtemps invitées, les abeilles n’ont pu aller butiner sur les fleurs, les arbres ont donc été mal fleuris."

La météo capricieuse oblige aujourd’hui Nadine à faire ses calculs. Pas facile quand même de savoir à combien cette énorme perte va se chiffrer. "Exactement. Il faut plusieurs années pour connaître le réel impact que ce manque à gagner va nous coûter. Il ne faudrait quand même pas que cette situation se reproduise encore durant deux ou trois saisons. Cela risquerait ensuite de devenir vraiment très compliqué pour ceux qui sont dans ce secteur d’activité. Que faire ? S’adapter et espérer une météo plus favorable. C’est la seule chose à faire", conclut-elle.