La semaine dernière, le bourgmestre de Hotton, Jacques Chaplier, plaidait pour un déploiement de l’armée dans les rues afin de faire respecter le port du masque. Relayée jusqu’à l’étranger, sa proposition suscite depuis lors de nombreuses réactions. Dont certaines, très critiques. "Le bourgmestre de Hotton perd complètement les pédales", estime Philippe Courard dans un message publié lundi sur son compte Facebook. Le député wallon et chef de file de l’opposition communale y fustige la politique de son adversaire. "La réquisition de l’armée n’est vraiment pas la meilleure idée que vous ayez eue. Décidément, en cette période liberticide qui ne permet même plus à une famille de choisir ensemble sa télévision dans un magasin, le populisme, lui, reprend de plus belle. Je me demande ce qu’en pensent les policiers et les militaires, eux qu’on veut mettre à toutes les sauces des décisions des autorités."

Au-delà du déploiement des troupes dans les rues, c’est l’imposition du port du masque sur le territoire habité des 12 villages que dénonce le député socialiste. "Je ne comprendrai jamais pourquoi le port du masque est obligatoire en rue dans un village peu fréquenté en commune de Hotton par exemple. Nous n’habitons pas un quartier d’Anvers à forte concentration de Covid !" Certains soutiennent toutefois la proposition du bourgmestre. "Le bon sens et le respect des règles sont une vaste blague pour beaucoup", estime un habitant de la commune en réponse au message de Philippe Courard. "Nous ne sommes pas un cluster d’Anvers, mais combien de touristes ne viennent peut-être pas de ces zones ?"

Dans un courrier adressé la semaine dernière au gouverneur de la province du Luxembourg, le bourgmestre Jacques Chaplier suggérait de faire patrouiller deux militaires par jour dans chaque commune à raison de 8 heures par jour, en renfort des services de police, dénonçant au passage le non-respect des règles sur les berges de l’Ourthe. "Les berges de l’Ourthe sont noires de monde. Il fait chaud, les gens se déshabillent dès qu’il y a un peu d’eau et en profitent pour tomber le masque."

Nicolas Poës