Les experts n’excluent pas cette hypothèse, comme ils l’ont expliqué ce mardi matin au procès de Giovanni Damilot, accusé du meurtre de Jean-Sébastien Spoiden.

La journée du mardi a démarré avec les auditions des médecins légistes qui ont apporté quelques précisions sur les causes du décès, après avoir réalisé l’autopsie du corps de Jean-Sébastien Spoiden. On rappelle que le corps de la victime a été retrouvé, mutilé et brûlé en février 2018, au domicile qu’il occupait, dans le village de Les Hayons (Bouillon). 

Les premières constatations? « Un corps en grande partie carbonisé et en décomposition. Un thorax et les organes détruits par le feu. Seul le pied doit a été épargné. Plusieurs lésions et des fractures, du côté gauche du crâne allant de 5 à 17 cm de profondeur, laissent penser qu’un objet tranchant et puissant a été utilisé pour tuer Mr Spoiden. La hachette que l’accusé, Mr Damilot, a jeté dans le poêle à bois, comme il nous l’a expliqué ce lundi, est donc une arme qui colle parfaitement », explique en substance Philippe Boxho, médecin légiste. On sait donc officiellement comment est mort la victime. Suite à ces coups à répétition donnés avec force par Giovanni Damilot, Jean-Sébastien. Spoiden est tombé par terre. 

Et il n’a sans doute pas attendu longtemps avant de mourrir. « La victime a effectivement eu une fracture de la boîte crânienne. Son lobe temporal a été complètement détruit. Il y a eu une hémorragie, le sang s’est répandu autour du cerveau. La victime a saigné (cerveau), mais pas très longtemps », dit-il encore. Mais… « Au moment où son corps a commencé à brûler, il était sans doute encore en vie. Il agonisait, mais il respirait », ajoute-t-il. Pour appuyer ses dires, des traces d’un gaz (le cyanure) ont été trouvées dans son corps. Un gaz mortel qui est sans doute arrivé dans les voies respiratoires de la victime peu de temps après avoir reçu les coups mortels. Soit au moment où son corps a commencé à prendre feu, quelques minutes plus tard. 

Des traces résultant des nombreux coups de hache donnés par Giovanni Damilot se sont aussi retrouvées sur les murs de l’habitation. Là-aussi, tout est clair. « On peut parfois avoir une « artère qui pète » et voir le sang gicler à plusieurs mètres », précise Aurélien Partoune, également médecin légiste.