Le phénomène des départs de membres du personnel infirmier actif en province de Luxembourg vers le Grand-Duché voisin se poursuit, même en cette période de crise du coronavirus, indique mardi Bénédicte Leroy, la directrice du département infirmier de l'intercommunale de soins de santé Vivalia. Cette situation, qui perdure depuis des années, est toutefois difficile à endiguer, selon elle. "Le phénomène s'est amplifié ces 3 à 4 dernières années. La crise du coronavirus n'a toutefois pas engendré de nouvelle recrudescence des départs. De début mars à juin, on a même constaté un ralentissement dû aux restrictions en matière de mobilité", détaille Bénédicte Leroy.

Pour l'année 2019, l'intercommunale Vivalia a ainsi enregistré 50 départs vers le Grand-Duché, dont 42 rien que pour le site d'Arlon. "C'est l'équivalent de trois unités de soins dans cet hôpital", relève-t-elle. En 2020, 25 départs ont été enregistrés de Vivalia vers le Grand-Duché." En proportion, 57% des démissions l'année dernière l'étaient pour un départ vers le Luxembourg. Cette année, on est à 62,5%."

Le Grand-Duché de Luxembourg reste attractif pour le personnel infirmier belge, surtout d'un point de vue salarial. "Des personnes qui étaient à temps plein chez nous peuvent par exemple se permettre un temps partiel là-bas et quand même gagner plus", illustre Mme Leroy.

Les hôpitaux grand ducaux sont essentiellement à la recherche de profils disposant déjà d'une expérience de quelques années en Belgique, formations inclues. Le recrutement s'opère de bouche-à-oreille. "Et on ne peut rien faire. De plus, ils mettent une grande pression pour raccourcir les préavis. Nous avons à présent décidé de ne plus libérer du personnel anticipativement", précise la directrice du département infirmier.

Selon elle, il est quasi impossible de lutter contre ce phénomène, en raison de la mobilité des travailleurs au sein de l'Union Européenne et d'une harmonisation salariale quasi impossible à mettre en oeuvre entre les deux pays. De plus, "nous devons être prudents à ce sujet car, à Arlon, 30% de notre personnel est Français."

Le phénomène a toutefois attiré l'attention de la cdH Catherine Fonck. La députée a appelé sur Twitter le Premier ministre Alexander De Croo à intervenir en urgence auprès des autorités grand-ducales.