Giovanni Damilot a expliqué comment il avait tué la victime à coups de hachette.

La porte de la cour d’assises vient de s’ouvrir, laissant passer un fort courant d’air. La plupart des personnes dans la salle ressentent un léger frisson. Ou bien est-ce aussi à cause de cette déclaration faite par Giovanni Damilot, en train d’expliquer à la présidente Annick Jackers comment les faits se sont déroulés le 28 février 2018 ? Rappelons que l’accusé, originaire de Bouillon, est en aveu d’avoir tué à coups de hachette la victime, lors d’une dispute sur fond d’alcool. "Il était en train de mettre du bois dans le poêle. Je me suis emparé de la hachette qu’il tenait, je l’ai frappé. Un seul coup, au niveau du cou. Il est tombé par terre. J’ai entendu une espèce de râle, un dernier soupir. Ensuite ? J’ai voulu abréger ses souffrances. Je lui ai assené deux autres coups. Je suis parti dans la foulée" , relate le meurtrier de Jean-Sébastien Spoiden qui ajoute aujourd’hui "ne pas expliquer le pourquoi de cet acte" .

Assis derrière son avocat, le frère de la victime ne peut retenir quelques larmes.

L’accusé dénonce aussi la boisson et les nombreux joints fumés avant les faits, qui ne l’ont pas aidé à éviter ce drame.

Paniqué, il reviendra même sur les lieux du crime le lendemain pour achever le travail, même s’il continue de ne pas accepter ce terme. " Quand je me suis réveillé le dimanche matin, je voulais être certain que j’avais réellement fait ça à mon ami. J’ai tenté de maquiller le crime comme je pouvais, à ma façon. Mais je savais qu’on allait retrouver le corps. Ce que j’ai fait ? C’est lâche" , avoue-t-il encore.

Des propos qu’il prononce sans la moindre hésitation. Sans réfléchir, serait-on tenté de dire… Car Giovanni Damilot, bien qu’il lui arrive de ne pas correctement articuler, semble à l’aise avec toutes les questions qu’on lui pose. Il répond à tout et ne cache rien de sa vie. Il parle vite, très vite même, laissant transparaître plusieurs traits de caractère. "J’ai l’habitude d’être actif, speed."

C’est sans doute ce qui ne l’a pas freiné…

Quelques minutes avant ces déclarations, on avait pu l’entendre sur sa vie d’adolescent. Un parcours normal jusqu’en deuxième secondaire. Et puis ? "Mes parents ont divorcé. Ça m’a fait mal. Mon père, je l’aimais. J’aurai dû l’écouter plus souvent je le regrette. Il est décédé en 2018, d’un cancer" , dit-il, la voix pleine de chagrin.

Le mot de la fin est assez interpellant. "Croyez-moi… ou pas ! Le lendemain, j’ai pleuré quand j’ai reçu un SMS qui me confirmait la mort de Jean-Sébastien. J’ai versé des larmes. Sincèrement… Je n’explique toujours pas pourquoi je lui ai fait ça."

Mardi, le procès se poursuit avec des témoignages.