L’UAP se plaint des sapins gratuits d’Ikéa. Il s’agit selon elle d’un manque de respect.

L’Union ardennaise des pépiniéristes (UAP) s’attend à une progression de la vente de sapins de Noël par rapport à 2018. Elle table sur 3,5 millions d’arbres au lieu de 3,2 millions l’an dernier. La majorité de ceux-ci sera exportée. Sur le marché européen, la Belgique occupe toujours la troisième place en termes de vente derrière le Danemark et l’Allemagne.

"La production est de bonne qualité cette année", souligne Jonathan Rigaux, président de l’UAP. "Elle devrait satisfaire la clientèle de plus en plus exigeante. Cela dit, l’année sera sans doute moins bonne sur le plan commercial car si les prix de vente sont, dans l’ensemble, stables, les charges liées au transport augmentent." ˮ

D’année en année, le nombre de producteurs de sapins de Noël qui exploitent des parcelles dans les provinces de Luxembourg, Namur et Liège est revu à la baisse. L’Union ardennaise de pépiniéristes n’en compte plus que 64 alors qu’ils étaient une centaine il y a dix ans. Cette diminution s’explique d’une part, par la législation de plus en plus complexe qui ne permet plus aux petits producteurs de suivre, d’autre part, par les prix qui ne cessent de diminuer alors que tous les frais augmentent.

Autre pierre d’achoppement : Ikéa. Selon Jonathan Rigaux, cette enseigne pollue le marché du sapin de Noël en les offrant pour attirer les clients. "Il s’agit d’une fausse publicité pour les sapins de Noël naturels", s’insurge-t-il. "En effet, en les offrant, les patrons d’Ikéa manquent totalement de respect envers les petits producteurs qui doivent travailler pendant dix ans avant de pouvoir les couper et les mettre sur le marché."″

L’Union ardennaise des pépiniéristes rappelle qu’elle a lancé une charte écoresponsable avec un double objectif : diminuer de 30 % les pesticides et stopper la vente des arbres en pot ou en motte. La plupart des producteurs y ont adhéré. Elle va s’adresser prochainement à l’administration de l’APAQ-W afin d’obtenir son soutien.

Nadia Lallemant