Luxembourg Un préavis de grève a été déposé. Des actions sont prévues ce jeudi en Luxembourg

AA la suite d’un blocage au sein de la Commission Paritaire des Etablissements et Services de Santé début du mois, un préavis de grève et d’actions à durée indéterminée dans les soins de santé a été déposé. Une journée d’action et de grève est prévue ce jeudi 24 octobre.

En province de Luxembourg, les représentants du secteur des soins infirmiers à domicile devraient débrayer. "Dans la province, le service d’aide et de soins à domicile emploie entre 150 et 200 infirmières et infirmiers", précise Isabelle Laloy, secrétaire permanente à la CNE. "L’évolution des soins se traduit par un accroissement de la charge de travail du personnel, avec des horaires difficiles mais ne compensant pas la fragilisation financière des services. Les salaires et les primes peu valorisants freinent l’attractivité de la profession, en manque de personnel, ce qui crée un cercle vicieux."

Isabelle Laloy ajoute que l’arrivée massive des patients qui sortent plus tôt de l’hôpital pose problème. "La liste des actes infirmiers à domicile n’a pas été adaptée en fonction de ce changement lié aux économies faites par le secteur hospitalier", poursuit-elle. "Le financement est inadapté à des prises en charge lourdes, complexes et techniques. Il n’intègre ni l’évolution barémique, ni l’indexation réelle. Qui plus est, il ne prend absolument pas en compte le temps de déplacement entre les patients alors qu’en province de Luxembourg les distances à parcourir sont plus longues."

En ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement précédent, notamment en limitant les mesures de fin de carrière et en obligeant le personnel en incapacité à reprendre le travail, amènent, selon la CNE, des situations humaines, sociales, organisationnelles et économiques catastrophiques.

Le sous-financement structurel des soins infirmiers est estimé à 89 % du budget actuel. Dans ce contexte, le secteur des soins infirmiers à domicile réclame un meilleur financement des services. "Si la profession était revalorisée, le nombre d’infirmiers à domicile serait plus élevé et la charge de travail s’en trouverait allégée", conclut Isabelle Laloy. Reste à savoir si le mot d’ordre de grève lancé par la CNE et le Setca sera bien suivi, ce jeudi, en province de Luxembourg.

En province de Luxembourg, une action devrait être menée ce jeudi à la maison de repos Mathelin, à Messancy. Des arrêts de travail et un piquet de grève à l’entrée du site sont annoncés.

A Arlon, une délégation de travailleuses et travailleurs du secteur se rendra à la maison communale à 14h. Le mémorandum du secteur sera remis aux autorités communales. Les principaux griefs portent sur un financement des soins qui ne tient pas compte de la réalité du terrain et crée un manque de moyens criant, des conditions de travail qui se dégradent pour le personnel, une flexibilité maximale des horaires ainsi qu’une augmentation de la charge de travail avec des soins de plus en plus lourds, des patients qui sortent plus tôt de l’hôpital.

La dégradation des systèmes d’aménagement de fin de carrière de même qu’une pénibilité professionnelle spécifique liée aux déplacements, quel que soit l’environnement (urbain, rural) et les conditions climatiques, de même que l’absence de valorisation du temps administratif et du temps hors soins consacré aux patients sont aussi pointés du doigt.

La CNE et le SETCA, à l’origine de l’action de ce jeudi, demandent au futur gouvernement fédéral de tenir compte de cette urgence dans sa déclaration gouvernementale. Du côté de Vivalia, l’intercommunale de soins de santé de la province de Luxembourg, le personnel infirmier ne s’est pas encore manifesté. A ce stade, aucune action n’est annoncée dans les maisons de repos et hôpitaux vivaliens.

N.L.