Antoine Lapraille, un jeune agriculteur de 25 ans, projette de construire un poulailler de 39 235 poules pondeuses, près de Gennevaux dans la commune de Léglise. Un projet qui suscite une levée de boucliers. Une pétition a été mise en ligne. Un collectif s’est constitué pour que l’agriculteur revoit sa copie ou choisisse un autre emplacement.

« Si nous comprenons la nécessité actuelle pour les agriculteurs de chercher d’autres modes d’élevage plus rémunérateurs, nous sommes néanmoins interpellés par la taille ou le mode d’élevage et, surtout, par le choix de la localisation de ces infrastructures. », souligne Cédric Dumont, porte-parole de ce collectif.

Selon les opposants, si le projet, réalisé en agriculture différenciée, permet d’avoir le label plein air pour les œufs, les poules sortiront très peu et seulement à proximité immédiate du bâtiment. Ce label nécessite toutefois de clôturer 16 hectares de terres pour être dans la norme.

« Le projet est situé à 500 mètres du village, en plein vents dominants », poursuit Cédric Dumont. « Nous ne comprenons pas ce choix. Nous redoutons des nuisances olfactives, poussières de fientes et molécules d’ammoniac portées vers notre village par les vents dominants, l’épandage des fientes sur les champs voisins des habitations, d’éventuelles pollutions sonores et des rejets d’eaux usées, à deux pas de la vallée de la Mandebras située en zone Natura 2000. »

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Selon l’agriculteur, la localisation a été choisie précisément car elle est éloignée du village. « Les bâtiments sont situés à 580 mètres de habitations », explique Antoine Lapraille. « Tout sera mis en œuvre pour éviter les nuisances. Je suis jeune. Cette filière me permettra de vivre de mon activité et de construire une habitation à proximité. Je suis déçu par la réaction de certains habitants qui ne comprennent pas ma démarche. »

Une pétition vient d’être mise en ligne pour soutenir le jeune agriculteur. « Une partie des habitants s’est mobilisée pour faire capoter son rêve, pour l’empêcher de vivre comme il l’a choisi », souligne l’auteur de cette pétition. « Comme si la ruralité n’était plus la coexistence des activités forestières, agricoles et artisanales avec du logement mais seulement un alignement de villas quatre façades avec pelouse tondue au robot ! »