En mars dernier, le tribunal correctionnel de Neufchâteau condamnait Tiphaine Lagard et Cirik Ceylan à 6 mois d’emprisonnement pour le vol de 300 poulets sur le site de la société bertrigeoise Ardenne Volaille. Régulièrement médiatisés pour leur engagement en faveur de la cause animale, les deux activistes français ont décidé de s’opposer au jugement par l’intermédiaire de leur avocat. Ce dernier évoque une peine "infamante" au regard d’une cause "légitime". "Mes clients voulaient dénoncer la maltraitance animale" précise-t-il. "Les cours européennes considèrent que certaines infractions peuvent être comprises en cela qu’elles permettent au débat d’avancer. C’était le but visé ici."

Pas question pour le parquet d’invoquer le but politique d’une infraction comme cause d’excuse. "On ne peut franchir les frontières du Droit pénal parce qu’on adhère à une idéologie politique", souligne le substitut du procureur Pierre d’Huart. "Si chacun commence à raisonner ainsi, alors des militants anti-avortement vont aller dégrader des hôpitaux et des suprémacistes blancs iront mener des actions à la frontière."

Le parquet demande la confirmation du jugement prononcé en mars dernier. Quant aux prévenus, ils auraient depuis lors renoncé aux opérations musclées pour se consacrer à des activités moins radicales. "Tiphaine Lagarde est aujourd’hui à la tête d’un sanctuaire pour soigner les animaux sauvés de l’abattage", poursuit leur avocat. "Son compagnon en est le gardien. Elle a par ailleurs repris ses activités d’enseignante." La défense sollicite un sursis probatoire.

N.P.