Durant la législature d’Yves Evrard (2006/12) à Neufchâteau, environ une quinzaine de bornes de parking, dites intelligentes, ont été installées aux abords de la maison communale ou de la Poste par exemple. Vu le problème de mobilité lié à ces endroits, il fallait trouver une solution pour améliorer la situation. "Et il fallait aussi tenter de percevoir des subsides pour concrétiser le projet de rénovation relatif à la Grand Place. Dossier qui traînait depuis plusieurs années. A l’instar de ce qui se faisait dans certaines villes en France, notre choix s’est porté sur ce type de borne. Nous avons ensuite reçu des subsides (environ 60.000 euros) pour un coût d’achat/de placement total dépassant les 100.000 euros", explique Yves Evrard, le député wallon.

Il ajoute que le concept était novateur pour l’époque, que les bornes pouvaient être réglées (minuteur) en fonction du type de commerces (par exemple, 10 minutes max pour aller à la librairie ou la boulangerie, 30 pour un magasin de vêtements) et que ces bornes devaient ensuite être le relais pour fournir du WiFi gratuit partout dans la ville. Bref, le futur avant l’heure dans la cité chestrolaise !

Mais comme avec toute nouvelle technologie, certains problèmes (techniques) de jeunesse sont apparus. "On les aurait résolus avec le temps", poursuit-il. Toujours est-il qu’à l’arrivée de la nouvelle majorité, emmenée par Dimitri Fourny, le changement de stratégie était écrit d’avance. Terminées les bornes : place à une solution différente. "Ce système a été déstructuré par un choix politique. Du temps et de l‘argent ont été gaspillés, et le problème de la mobilité ne s’est pas nettement amélioré non plus. Les gens ont pris leurs habitudes aujourd’hui. Les bornes ne fonctionnent plus."

Que faire dès lors pour ne pas que ces bornes restent ainsi durant dix, vingt… ou cinquante ans ? "Ne nous accrochons pas au passé et allons de l’avant. Des contacts ont ainsi été pris avec le gestionnaire (Véolia), car nous avons pas mal de questions à lui poser. Nous analyserons notamment les coûts et la faisabilité pour remettre ce système en marche", conclut Yves Evrard.

“Le flop total !” : Dimitri Fourny explique pourquoi ces bornes ont été déconnectées

La réponse de Dimitri Fourny, de l’opposition, est évidemment contradictoire. “Un flop total, qui a coûté de l’argent (plus de 100.000 euros à la commune) ! De plus, elles n’ont jamais été entretenues par l’ancienne majorité. Lorsque nous sommes arrivés aux commandes, nous avons analysé le dossier et réalisé que le contrat d’entretien s’élevait à environ 20.000 euros par an. Une fortune pour les entretenir. On a donc décidé de s’en passer”, explique-t-il.

A côté de cette raison, d’autres arguments sont avancés. “Les bornes étaient tout, sauf intelligentes ! La moitié d’entre-elles ne fonctionnait pas. En pratique, la gestion était trop compliquée. Si vous dépassiez le temps imparti de cinq minutes, l’information arrivait au Directeur Financier qui se trouvait à la commune. Il devait alors, soit vite aller prendre une photo, soit appeler l’agent constatateur. En termes d’efficacité, ça n’avait aucun sens. A la place, nous avons opté pour créer un emploi, avec un agent constatateur. De plus, sa mission n’est pas “que” faire de la répression, mais aussi de l’information et de la prévention. Humainement, c’est quand même mieux”, dit-il.

L.T.