Luxembourg Le médecin légiste contredit la version de la prévenue

Les faits sont assez graves et remontent au 13 mars 2018, à Etalle. La prévenue, que l’on appellera Françoise, est poursuivie pour avoir enfoncé un couteau dans la main/bras de son mari : la plaie a une profondeur de 5/6 cm. Ce geste ayant entraîné une incapacité de travail de quatre mois à ce dernier qui s’est constitué partie civile dans ce dossier. "C’était le jour de mon anniversaire et… il l’avait oublié. On s’est disputé. Il s’est emporté, il jetait tous les jouets du petit qui se trouvaient dans la pièce. Je lui ai demandé d’arrêter, mais il m’a attrapée par le cou. Puis étranglée. Je ne savais plus respirer. J’ai eu un réflexe. Je cherchais quelque chose pour me défendre et j’ai attrapé le couteau qui se trouvait sur la table", explique-t-elle au juge.

On devine bien la suite. Dans la dispute, la lame va malencontreusement s’enfoncer dans la main du mari et passe de peu non loin de son cou. Il l’a échappé belle. Selon Françoise, c’est ce réflexe qui l’a sauvée. Mais le médecin légiste contredit la version de la prévenue. Ce que ne manque pas de souligner Mme Lejeune, substitut du Procureur. "Votre histoire ne tient pas la route. Je vous ai observée durant votre explication. Vous nous avez dit avoir tenu le couteau de la main droite, mais le légiste confirme que les coups ont été portés par la main gauche. Vous venez de mimer les gestes, mais ils ne correspondent pas avec les constatations du légiste. Votre déclaration est bizarre. Cependant, il est effectivement difficile de soutenir que vous avez voulu (volontairement) commettre un homicide. Mais je retiens quand même les coups et blessures volontaires, car les faits sont établis. Selon moi, la victime a sans doute voulu se protéger. Il avait peur de vous. C’est pour se défendre qu’il vous a attrapé et vous l’avez poignardé."

Françoise ne risque pas la prison, vu l’absence d’antécédents judiciaires et le fait qu’elle vit encore avec son compagnon. "Des mesures probatoires et un programme à suivre sur la gestion de la violence s’imposent quand même. Avec un éventuel sursis de 5 ans", conclut Mme Lejeune. La prévenue n’est pas contre cette sanction éventuelle.

Le jugement est attendu le 18 novembre.

L.T.