Un climat délétère est en train de s’installer dans le pays, en grande partie en raison des décisions prises par nos gouvernants, tant au niveau national que local. Car sur le terrain, le citoyen commence à être à bout. Si ce n’est déjà le cas… Entendu ce week-end à Arlon : "Quand un gars qui gagne 3.000€ demande à celui qui ne gagne plus rien de rester solidaire et de respecter les règles, celui qui ne gagne plus rien peut lui dire, aujourd’hui, d’aller se faire voir", indique un commerçant qui vient de recevoir une amende salée pour non-respect des consignes (750 euros).

Un cas qui fait réagir le commissaire de la zone de police, même si le contrôle n’a pas été effectué par la police, mais bien par le SPF Santé Publique. "Cela fait des mois que nous prônons la discussion, on essaye d’être compréhensif et on fait preuve de pédagogie/psychologie. Nous faisons notre métier et je comprends que cela ne plaise pas à une partie de la population qui pense que le policier n’est juste bon qu’à verbaliser. Ce n’est pas le cas", analyse ainsi le commissaire Michael Collini. Fait interpellant, le nombre d’appels pour dénoncer quelqu’un a explosé depuis quelques mois. Et ce n’est pas nécessairement une bonne chose pour les forces de l’ordre. "Le citoyen a peur. Mais… arrêtez quand même de voir le mal partout. On reçoit trop d’appels de gens qui voient 3 voitures chez le voisin et qui se disent qu’il y a une fiesta là-bas. Dans la majorité des cas, il s’agit de véhicules appartenant à la même famille. Notre devoir ? Aller sur place, vérifier si la loi est respectée, mais la police a aussi d’autres priorités. La criminalité normale ne s’est pas arrêtée. À Arlon, il n’y a pas de patrouille spécifique covid. On ne piste pas les gens en continu, c’est faux de croire ça. Je m’inquiète déjà pour les fêtes. Imaginez si nous recevons des dizaines d’appels similaires…", dit-il. Le message est passé. Bras droit du pouvoir exécutif, la police jouit en ce moment d’une image difficile à porter…

Psychologiquement difficile

En première ligne, le policier n’est pas non plus à l’aise lorsqu’il exerce sa fonction en cette période de Covid-19. La peur d’attraper ce virus est réelle. Et si tous les policiers l’attrapent, il n’y a plus personne au commissariat. "C’est effectivement très compliqué comme situation. Nous ne sommes pas des robots. Psychologiquement, ce n’est pas évident. On se fait lyncher si on ne fait pas notre boulot. Et nous sommes critiqués si on le fait… Ça a toujours été le cas, mais ça a pris plus d’ampleur depuis l’apparition de cette crise sanitaire", dit-il.

Bien entendu, les gens peuvent dire que le policier ne se tracasse pas trop à la fin du mois, car son salaire tombe. Mais cette seconde vague fait des ravages partout. "Tout le monde est dans le même bateau. Le citoyen le policier… on connaît tous un proche qui est soit touché par ce virus, soit qui vit des moments difficiles au boulot", dit le commissaire qui est bien placé pour en parler, son fils (commerçant dans l’Horeca) vivant lui aussi des moments assez pénibles sur le plan professionnel.