Une parole est une parole et Roxane Godefroid, gérante de la brasserie-restaurant "Le Relais St Monon" à Nassogne, a une fois de plus fait le buzz ce samedi. « Quand je le dis, je le fais ! Le restaurant est ouvert. Celui qui veut s’installer à l’intérieur est le bienvenu », nous disait-elle aux environs de 11h45, à notre arrivée. Coté clients par contre, ce n’est pas la joie. La semaine dernière encore, une trentaine de personnes avait pourtant réservé une table, mais tout le monde s’est ravisé suite « aux menaces » de recevoir une amende. Résultat des courses ? Pas de client vers midi et il n’y en aura guère plus le reste de la journée.

« C’est l’amende de 250€ qui les a fait fuir. Heureusement, on peut compter sur le soutien de la famille, dans le respect de notre bulle, qui est quand même là. Nous leur offrirons donc un bon repas », ajoute-t-elle. Comme attendu, les forces de l’ordre sont rapidement arrivées sur place. Presqu’au même moment, un couple de retraité, très courageux car ils savaient les risques encourus, venait à peine d’arriver et s’était installé en terrasse. Ils venaient de recevoir leurs boissons alcoolisées. C’est interdit. Les premiers policiers (2) ont fait leur boulot. Contrôle d’identité et PV. Dix minutes plus tard, 3 autres véhicules avec 2 agents arrivent.

© Laurent Trotta

Le commissaire de la zone Denis Lambert leur emboîte le pas. Quel dispositif impressionnant pour finalement…pas grand-chose ! Heureusement, les contrôles se sont passés dans le calme. Le climat était surréaliste. « Comme la loi covid l’exige, nous avons verbalisé la tenancière : 750€ pour non-respect de la loi. Les personnes en terrasse ne devaient pas être là », dit-il en substance. Comble de l’absurde, Roxane décide alors de…déplacer la table de 3 mètres et installer les clients sur le devant de sa maison. En effet, notre restauratrice habite juste à côté de son établissement et dans ce cas, c’est légal. « Vous ne pouvez plus les verbaliser, ils sont chez moi ! C’est bien juste ? », demande-t-elle aux policiers. Ces derniers acquiescent, un rien gênés.

© Laurent Trotta

On n’aimerait pas non plus être à leur place, mais chacun fait son travail. Une fois les agents partis et les contraventions rédigées, Roxane profite de la journée pour jeter un œil au stock. Mauvaise surprise, plusieurs bouteilles, de softs et des casiers de bières, sont périmés. Pas le choix, il faut les jeter. Et pas n’importe où, pardi ! Aidée de son compagnon, ils se mettent devant leur établissement et ouvrent la vanne. Des dizaines de litres de bière partent en quelques secondes sur le trottoir, la rigole…

« A côté de ce geste, nous souhaitions mettre en avant non pas uniquement notre situation, mais celles que vivent plusieurs restaurateurs depuis de nombreux mois. Tout le monde n’a pas droit à des aides. Nous ne pouvons pas en bénéficier (NDLR : voir notre édition du 29 avril). J’ai toujours travaillé le 1er mai, je voulais également travailler aujourd’hui », concluait ainsi Manu Meunier, son compagnon qui est aussi gérant du restaurant. Le 8 mai, rebelote. Mais cette fois, ce sera dans la légalité.