Le parquet du Luxembourg a requis 8 ans d’emprisonnement à l’encontre d’un habitant de Saint-Hubert pour le viol de sa fille adoptive. Atteinte d’un déficit mental, l’adolescente était âgée d’une quinzaine d’années au moment des faits. Son père adoptif lui montrait des vidéos pornographiques en lui demandant de reproduire les scènes qu’elle y voyait. Des abus sexuels qu’elle rapportera auprès du Service d’Aide à la Jeunesse, qui ne la croira pas.

Ce n’est que suite à la dénonciation des faits pas le PMS de son établissement que le dossier sera mis à l’instruction, révélant ainsi l’existence de plusieurs vidéos tournées par le prévenu à l’insu de l’adolescente. "Sans ces vidéos, personne ne l’aurait crue", déplore l’avocat de la jeune femme, Stéphanie Cremer. Victime de maltraitance dès sa plus tendre enfance, abandonnée par sa mère, la jeune fille avait entre-temps été adoptée par son beau-père. Interrogé sur les raisons pour lesquelles il avait abusé d’elle, ce dernier explique l’avoir fait pour se venger. "J’étais plein, elle me faisait chier", a-t-il déclaré aux enquêteurs. "Ça faisait quatre ans que je chiais des barres avec elle. Elle était ingérable. J’ai fait ça pour lui rendre le mal qu’elle m’avait fait. Pour la faire chier."

Les viols ont duré plus d’un an. Ils se produisaient tous les week-end, accompagnés de coups quand l’adolescente refusait de se soumettre. "La victime a été abandonnée par ses parents, sa parole remise en doute par les intervenants", résume le ministère public. "Et ce père adoptif qui profite de sa vulnérabilité pour abuser d’elle de la manière la plus ignoble qui soit. Tous les moyens sont bons pour faire le mal jusqu’au bout."

Outre les 8 ans d’emprisonnement, le parquet a requis 5 ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines. La défense sollicite le sursis probatoire. En détention préventive depuis plus d’un an, le prévenu souffre d’un cancer qui engage son pronostic vital. La défense souligne aussi l’absence d’antécédents ainsi qu’un rapport d’expertise excluant toute tendance pédophilique. Jugement le 24 juin.

N.P.