À Waha, plusieurs habitants se mobilisent contre un projet de lotissement à proximité de leur quartier. La société liégeoise Urbaneo a introduit une demande de permis pour la construction d’une septantaine de maison dans le prolongement de la rue de la Prèle, sur une zone à bâtir comprise entre le cimetière et la rue du Petit-Bois.

Le dossier prévoit notamment l’aménagement de plusieurs voiries, dont l’une rejoindra la rue Saint-Denis en contrebas et l’autre la rue du Petit Bois. Constitués en comité, les riverains opposés au projet en dénoncent l’ampleur. "71 maisons pour 6 hectares, c’est un nombre qui semble disproportionné par rapport au caractère rural de la situation, dans une zone d’habitat à caractère rural réservé aux espaces verts", souligne Laurence de Wouters, habitante du village. Les opposants dénoncent également les dérogations prévues dans le cadre du dossier. "On parle d’écarts au schéma de développement communal, d’écarts au guide d’urbanisme. J’ai l’impression qu’on veut faire passer le dossier en force", poursuit un riverain qui n’a pas souhaité être identifié.

Autre point de friction, l’impact paysager du projet. "Le site offre une vue remarquable sur la plaine de la Famenne et l’église classée de Waha", soulignent les plaignants. "Il nous semble de notre devoir de mettre en garde les autorités communales d’accorder un permis d’urbanisation de cette ampleur à l’heure où l’on parle de plus en plus de "stop béton" et de préservation de la biodiversité."

Du côté de la commune, on précise que le projet a reçu les faveurs de la CCATM et qu’il n’implique aucune dérogation au plan de secteur. "La rue de la Prèle a été aménagée il y a une vingtaine d’années pour desservir cette zone d’habitat", souligne un membre de l’administration. "Certaines personnes répondent à l’enquête publique qu’elles ne veulent rien à côté de chez elles. Les gens ont le droit de s’exprimer, mais ils ont également le droit de construire."

Quant à la densité du projet, elle resterait bien inférieure aux normes édictées dans le cadre du schéma communal, les dérogations s’expliquant par la déclivité du terrain. L’enquête publique est ouverture jusqu’au 23 septembre.

N.P.