Devant l’offre de Saint-Vith, des médecins de Gouvy et de Vielsalm redoutent la perte d’une partie de leur patientèle.

Une maison médicale au forfait vient d’ouvrir à Saint-Vith. Trois médecins généralistes, trois assistants et des infirmières y travaillent en équipe. Ils seront rejoints, en janvier, par cinq spécialistes.

"Les communes de Saint-Vith et de Burg-Reuland comptent actuellement neuf médecins généralistes. Cinq d’entre eux ont plus de soixante ans", souligne le docteur Jean-Luc Choffray. "Ce projet a été initié en 2016 afin, d’une part, de permettre aux praticiens plus âgés de réduire leur temps de travail, d’autre part, d’attirer des jeunes médecins en zone rurale."

L’équipe, qui fonctionne en société coopérative, a opté pour le système forfaitaire. "La mutuelle verse mensuellement une somme fixe pour chaque personne inscrite", précise le docteur Choffray. "Les patients ne paient ni les consultations ni les visites à domicile. Ceux qui ne proviennent pas de notre zone de couverture peuvent venir en consultation chez nous mais, dans ce cas, nous n’allons pas à domicile. Des habitants des communes de Vielsalm et de Gouvy sont inscrits."

Des médecins généralistes de ces deux communes redoutent la perte d’une partie de leur patientèle. "C’est de la concurrence déloyale", affirme un médecin de Gouvy. "Le système forfaitaire est regrettable car il vise à empêcher les patients d’aller voir ailleurs. S’ils vont chez un autre médecin, la mutuelle ne rembourse rien."

Des affirmations contestées par la nouvelle équipe. "Si nos patients consultent, par exemple, en vacances, nous leur remboursons leur consultation, mais pas plus de quatre fois par an. Ils sont libres de se désinscrire et d’opter pour le système qui leur convient le mieux. La maison médicale ne pose pas problème aux praticiens de Saint-Vith et de Burg-Reuland qui continuent à se faire payer à l’acte."

En province de Luxembourg, les maisons médicales de Barvaux-sur-Ourthe et d’Arlon fonctionnent au forfait. "Grâce à ce système, les soins de santé sont accessibles à tous. Les patients ne reportent plus leur visite pour des raisons financières", indique Théodora Piemantonio, gestionnaire à Arlon.

Nadia Lallemant