Le centre d’accueil des migrants à Marbehan fonctionne déjà à plein régime.

Ouvert depuis lundi, cet espace d’accueil réservé aux migrants connaît déjà du succès. "On ouvre à partir de 8 heures du matin et on ferme le local vers 18 heures. La nuit, on ne peut pas y dormir. On ne peut donc qu’y loger en journée. Le local peut accueillir jusqu’à sept personnes, pas plus. Les migrants ont une cuisine, une salle de bain et le chauffage", confie la présidente du CPAS de Habay, Fabienne Zevenne qui explique que le centre est rempli chaque jour depuis lundi dernier, jour d’ouverture. Et les bénévoles se relaient du lundi au vendredi pour apporter leur soutien.

"On a reçu énormément de dons depuis la semaine passée. Et il nous faut encore : vêtements chauds, chaussures, bonnets, anoraks… Sans oublier les produits d’hygiène."

Ce vendredi, six personnes occupaient le centre. Parmi elles, David (NDLR : c’est le prénom qu’il nous a donné), originaire du Sud Soudan. "Cela fait cinq ans que je suis en Europe. D’abord en Italie, puis en France et maintenant en Belgique. Mon but est de rejoindre le Royaume-Uni. Il faut parfois de la chance. J’en connais qui y arrivent après deux/trois essais. D’autres sont là depuis des mois et n’y parviendront sans doute jamais", dit-il.

Comme d’autres, David sait très bien qu’il ne risque pas grand chose avec les forces de l’ordre de notre pays. "Je trouve que les forces de l’ordre sont compréhensives. Avec moi, ça s’est plutôt bien passé. J’ai été arrêté à quelques reprises, mais je me suis retrouvé dehors après quelques heures seulement. Ici, c’est la liberté. Ça change du régime que j’ai connu au Soudan."

Quant à la question de savoir s’il craint les représailles des chauffeurs… "Non, je n’ai pas peur. Je comprends que certains chauffeurs aient peur de nous, mais ils savent que nous ne voulons pas de mal. On veut juste partir ailleurs et refaire notre vie. Habay et la région, les migrants commencent à la connaître. C’est un peu devenu The place to be si on veut tenter sa chance", conclut-il.

Le centre est fermé le week-end. Les migrants rencontrés ce jour affirment rentrer sur Bruxelles pour revenir dès lundi dans le Sud Luxembourg.

L.T.