Les membres d’une famille marchoise comparaissaient vendredi devant le tribunal correctionnel pour une série d’infractions liées au commerce de voitures. Sur le banc des prévenus, le fils, le père, la mère et la belle-fille notamment. Les préventions qui leur sont reprochées vont de l’abus de confiance à l’usage de faux, le tout dans le cadre d’une association de malfaiteurs.

À la tête d’un commerce de voitures d’occasion dans les environs de Marche, le fils aurait racheté certains véhicules via des chèques sans provision. À cela s’ajoutent des préventions de recel ou encore de détournement d’actifs. L’intéressé aurait revendu des dizaines de voitures alors que sa société venait d’être déclarée en faillite, prétextant que son épouse s’était lancée dans une activité commerciale. « Madame n’est qu’un prête-nom. Monsieur n’a jamais cessé son activité », estime le curateur de la faillite, qui lui réclame aujourd’hui 25.000€. « Mais je ne me fais aucune illusion vu l’insolvabilité notoire dans laquelle les prévenus se sont installés et qui semble leur convenir. » Le père se retrouve mêlé au dossier pour s’être occupé du volet administratif de l’entreprise. La mère, pour avoir utilisé son nom dans le rachat d’une voiture volée.

Pour le parquet, les faits relèvent de l’association de malfaiteurs. « On voit la récurrence des processus d’escroquerie : les faux documents, les mouvements bancaires, le fait qu’on utilise les noms des uns et des autres », souligne le ministère public, qui réclame des peines allant de la peine de travail à 10 mois d’emprisonnement. « C’est leur façon de faire de l’argent : l’escroquerie, les chèques sans provision... »

La défense conteste la plupart des infractions et voit dans l’organisation dénoncée par le parquet une forme de solidarité intrafamiliale. « Nous sommes en présence de gens du voyage, des personnes un peu marginalisées dans leurs habitudes sociales », observe l’avocat de la défense Pierre Neuville. « Ils survivent de cette mécanique intrafamiliale. De là à y voir une association de malfaiteurs, il y a un pas que vous ne pouvez pas franchir. »