Luxembourg Jean-Pierre se bat depuis des années pour interdire les poids lourds dans son village.

La circulation des poids lourds (+ 7 t) entre l’autoroute E411 et la N4 via Habay est devenue très compliquée pour les riverains. Ce problème n’est guère neuf. Cela fait au moins plus de quinze ans qu’ils se battent pour que la situation s’améliore.

"Les camions créent des nuisances sonores inadmissibles. Sans compter les vibrations et la pollution. On en a marre", commente ainsi Jean-Pierre Trigaux, un habitant de la rue Émile Baudrux. Interdire totalement les camions est une chose très compliquée à réaliser.

Notre riverain a déjà proposé des solutions alternatives. Comme l’installation de panneaux avec la mention "interdit aux poids lourds, sauf desserte locale", comme il en existe ailleurs dans la province. Ce dispositif pourrait un peu freiner le passage des véhicules. Mais ces panneaux n’ont jamais été placés.

"Lors des élections précédentes, le ministre Di Antonio était venu à Habay. J’ai pu lui expliquer le problème et lui soumettre l’idée des panneaux. Il m’avait répondu que cette idée était géniale et qu’elle ne coûtait rien. Quelle déception j’ai eu lorsque, quelques mois après les élections, toujours rien n’avait été fait. Et huit ans plus tard, la situation a empiré. Le trafic a augmenté", constate-t-il amèrement.

Jean-Pierre Trigaux sait pertinemment qu’on ne saurait pas interdire totalement la circulation, mais il souhaite que les autorités prennent enfin position. "Ces centaines de chauffeurs qui traversent quotidiennement le village viennent essentiellement de la France et de Virton. Ils rejoignent ensuite Arlon ou Neufchâteau. Ils ne font pas vivre nos commerces. Ils circulent sur des routes sinueuses qui ne sont pas prévues pour eux. Ils passent aussi en transit pour aller s’approvisionner à Martelange, attirés par l’achat d’alcool et de cigarettes."

Le plus aberrant ? La solution est à portée de main mais quelque chose bloque encore du côté de Namur. "Les camions doivent s’acquitter d’une taxe kilométrique OBU (depuis 2016). Savez-vous que notre rue est encore… gratuite ! C’est un oubli de l’administration. Tous les camionneurs le savent. Vous comprenez mieux maintenant pourquoi ils passent par ici", conclut-il.