Le député René Collin, par ailleurs président du cdH du Luxembourg, vient d’exprimer, dans un communiqué, sa préoccupation grandissante quant à la situation des métiers de contact  " non médicaux", tels que les coiffeurs, esthéticiennes et centres de soin du corps. Une situation qui, selon lui, devient clairement intenable et réclame des solutions urgentes. Il interpelle à ce propos l’ensemble des responsables politiques belges et wallons, aux niveaux de pouvoir concernés, fédéral et régional.


" Certes, la priorité est et doit clairement rester à la santé et à l’efficience des mesures sanitaires"
, souligne-t-il.  " Mais cela n’empêche que l’on peut légitiment s’interroger sur la pertinence et l’adéquation de certaines mesures faisant partie du dispositif  anti-covid  actuel, notamment celles qui touchent ces métiers de contact !"

Selon René Collin, l’interdiction actuellement en vigueur, pour une durée encore indéterminée, à l’encontre des coiffeurs et des esthéticiennes, traduit plusieurs incohérences.

Incohérence entre métiers de contact, d’abord :  " Coiffeurs et esthéticiennes sont interdits de pratique, en salon ou à domicile, tandis que par exemple les kinés peuvent travailler, tant à domicile qu’en cabinet : où est la logique ?"

Incohérence, ensuite, pour un même corps de métier :  " Plusieurs témoignages recueillis en Luxembourg attestent que des esthéticiennes ou des coiffeuses, interdites de pratique, sont en revanche autorisées à poursuivre leurs activités de formation pratique en présence de groupes d’apprenantes, dans le cadre de l’IFAPME. Où est la logique ?"


Incohérence, encore, dans le contexte territorial de notre pays :  " Partout, les frontières sont ouvertes, si proches et si tentantes, spécialement dans la province de Luxembourg ouvert sur ses voisins français et grand-ducaux. Au Grand-Duché de Luxembourg, en France, coiffeurs et esthéticiennes travaillent et nos concitoyens sont nombreux à recourir à leurs services. Le danger de contamination y est-il moindre que chez nous ? Sinon, où est la logique ?"


Incohérence, toujours, quant à l’efficacité de la mesure d’interdiction :  " Pour être respectée, une règle doit être comprise et recueillir l’adhésion. Il n’est pire réglementation que celle que, faute de compréhension et d’adhésion, l’on est tenté de contourner. Et personne ne niera que pour les coiffeurs et métiers analogues, fortement sollicités par une clientèle de plus en plus impatiente et stressée par une situation financière aigüe, la tentation est forte, avec les conséquences qu’elle peut comporter."


Incohérence politique, enfin. "Citoyens et professionnels entendent que les mesures actuelles d’interdiction sont vilipendées par certains responsables politiques, eux-mêmes parfois membres d’un des gouvernements qui ont, à travers le Comité de concertation, décidé des prolongations indéterminées de ces mêmes mesures."


 " Il est temps de mettre fin à ces incohérences et surtout d’apporter des réponses adéquates aux questions et attentes légitimes des professionnels de ces métiers. Les protocoles sanitaires existent. Ils peuvent, si nécessaire, être très rapidement réévalués en vue d’une possible réouverture. S’il le faut, qu’on le fasse sans plus tarder. Et si ce n’est pas possible, qu’on apporte enfin à ces métiers en souffrance, dans la cohérence, les réponses et les aides qu’ils méritent"
, conclut le député.