Luxembourg La Chambre du Conseil a renvoyé le dossier pour meurtre provoqué

Vendredi, la Chambre du Conseil de Marche-en-Famenne a rendu son ordonnance de renvoi dans l’affaire relative au meurtre de Théodoros Agelis, cet habitant de Bourdon tué devant chez lui lors d’un conflit de voisinage. Les parties civiles espéraient un renvoi devant la Cours d’Assise pour meurtre. La défense avait sollicité un renvoi en correctionnelle pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

La Chambre du Conseil a finalement choisi de s’aligner sur le réquisitoire du parquet en renvoyant le dossier devant le tribunal correctionnel pour meurtre avec provocation.

"Le juge estime que mon client aurait accepté le risque de donner la mort. Ce qu’il conteste toujours aujourd’hui", souligne David Verday, avocat de la défense.

Les faits remontent au 6 juillet 2018. Appelée sur les hauteurs du village de Bourdon pour un conflit de voisinage, la police avait découvert le corps sans vie de Théodoros Agelis étendu sur la pelouse bordant son habitation, torse nu, le visage ensanglanté. Plus tôt dans la soirée, une altercation l’avait opposé à son voisin, Christophe Catteau. Privé de liberté et inculpé, ce dernier avait reconnu lui avoir porté plusieurs coups, tout en niant l’intention homicide.

Selon lui, la victime aurait menacé de s’en prendre à sa famille. Une version qu’il défend toujours à l’heure actuelle. "Mon client était chez une amie quand son fils est venu le prévenir que M. Agelis menaçait de les égorger", poursuit David Verday.

Dans son ordonnance prononcée vendredi, la Chambre du Conseil estime qu’il y a bien eu provocation de la part de Théodoros Agelis. Le juge évoque notamment l’usage d’un couteau, des menaces de mort proférées par la victime, ainsi que le comportement particulièrement agressif de cette dernière au moment des faits. Du côté des parties civiles, on estime plutôt que le prévenu s’est acharné sur son voisin, auquel il aurait porté plusieurs coups alors qu’il était déjà au sol. La date du procès devant le tribunal correctionnel de Marche n’est pas encore connue.

N.P.