Depuis quelques jours, les bourgmestres sont très sollicités. Pour certains, c’est parfois difficile psychologiquement…

Les temps sont durs pour tout le monde, y compris pour les Bourgmestres. La fonction est déjà compliquée à assumer à la base, elle l’est tout autant depuis l’arrivée du Covid-19 et des différentes mesures de confinement qui vont avec. 

Plus de réunions, de questions, d’actions à mettre en place rapidement…Bref, la tension et la pression sont omniprésentes. Et quand certaines mauvaises nouvelles arrivent sur le plan personnel, cela n’arrange pas les choses. "Après une semaine nerveusement éreintante, que tu essayes de bien faire et que tu en prends plein la tête, tu apprends que ta marraine, personne vulnérable, est infectée et hospitalisée. Tu craques et tu dis 'merde' (sic)". "C’est une nouvelle qui m’a touché en plein coeur. Je suis épuisé", confiait ainsi vendredi soir Benoit Closson (49 ans), le Bourgmestre de Wellin. Un message posté également sur les réseaux sociaux qui lui a valu pas mal de soutien de ses concitoyens. Et qui rappelle également qu’un bourgmestre, malgré le rang occupé et les obligations qu’il doit tenir, reste un être humain avec des émotions. 

Mais est-ce approprié de poster ce genre de commentaire quand on occupe cette fonction? "Ma publication n’était peut-être pas la plus appropriée. Nous avons un devoir de réserve. Mais je n’ai aucun regret. Les gens doivent comprendre que nous sommes aussi des hommes et pas des 'punching balls'. On est et on reste omniprésents pour la population. Parfois, il faut savoir souffler et évacuer la pression durant quelques instants. Mais je peux certifier que je suis toujours motivé et que j’adore mon métier. Je continue à assumer pleinement mes responsabilités. Je me suis d’ailleurs rapidement remis au travail et je ne lâche rien. Je reste très disponible pour mes concitoyens et je reste le capitaine du navire", confiait-il le lendemain.

Les anciens montrent l'exemple

En parlant de travail, le bourgmestre de Marche-en Famenne en sait quelque chose. Lui qui entame sa 44e année à la tête de sa commune. Un record en Belgique. A 80 ans, il a donc du vécu dans le monde de la politique. Personne à risque vu son âge, il ne craint pas le virus. "Je mourrai sur scène, comme on dit. Je me sens comme un gars de 20 ans (rires). Pour moi, ça ne change pas grand-chose dans le cadre de mon travail. Je suis toujours au bureau. Au contraire, essayons de profiter de cette crise pour mettre en place certains outils qui permettent d’améliorer le travail quotidien. Je pense notamment au télétravail. C’est le moment de voir si on peut changer notre façon d’aborder les choses dans le futur et de changer nos habitudes", dit-il. 

Quant à savoir si un bourgmestre peut craquer… "J’en ai connu pas mal, des crises…Mais on doit montrer l’exemple aux citoyens. Etre le capitaine, le général, le chef! Quand on est bourgmestre, il faut assumer et on ne peut pas se plaindre. Sinon, on ne fait pas de politique. Au contraire, on doit rassurer le citoyen. En ce moment, notre rôle est d’assumer nos responsabilités et de mettre tout en place pour que la commune fonctionne, même si le virus circule, avec toutes les contraintes qui vont avec", explique André Bouchat. 

A la frontière, du côté de Messancy, Roger Kirsch a 77 ans. Le son de cloche est identique. "Non, je ne crains pas le virus. J’ai de la chance de pouvoir exercer notre travail. Je me porte bien.Je ne suis pas seul. Nos élus sont également là pour nous m’aider, s’il le faut. Un conseil quand on est pas bien? Psychologiquement, il faut faire abstraction des mauvais aspects de la vie et mettre de côté ce qui est négatif. Ne pas les voir, aller de l’avant. Puis écarter les problèmes au fur et a mesure…Je suis peiné et malheureux pour les bourgmestres qui ne se sentent pas bien en ce moment. Il ne faut pas baisser les bras. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Il y en aura d’autres…mais il y aura aussi des jours meilleurs", conclut-il.