Il y a presque trois ans, les immeubles Ianuzzi/Laroche, du nom des deux propriétaires, situés à cent mètres de l’administration communale prenaient feu. Un terrible incendie qui a causé d’importants dégâts à cet édifice et qui reste encore aujourd’hui « tel quel », malgré diverses interventions pour sécuriser la zone. « L’endroit est insalubre, il y a de l’humidité. Des rats sont visibles, des squatteurs viennent parfois occuper l’endroit… », précise aujourd’hui la bourgmestre.

La commune a toujours voulu acquérir ce bâtiment sinistré...pour sans doute le démolir, avant d’y aménager autre chose. Que ce soit sous la législature de Dimitri Fourny ou celle actuelle de Michèle Mons delle Roche. Mais la situation est compliquée. « Nous sommes toujours intéressés pour les racheter. Mais pas au prix demandé par les deux propriétaires. Pour faire simple, une première expertise demandée par M. Fourny estimait ce bâtiment à environ 410 000 euros. Si on y ajoute des frais pour démolir le bâtiment, estimés à 263 000 euros, cela fait plus de 670 000 euros pour une ruine ! C’est beaucoup trop cher », estime-t-elle.

Vu les finances actuelles, 2 millions d’euros pour les 4 ans de législature, cet immeuble conduit inévitablement les autorités dans une impasse. La commune a donc fixé son prix, après avoir reçu l‘avis d’un expert : ce sera environ 80 000 euros ou rien. « Plus les 263 000 euros pour la démolition. » Bref, ça coince au niveau du prix et les deux camps restent sur leur position. Les différentes parties doivent se rencontrer dans les prochaines semaines pour faire avancer le dossier. En imaginant l’hypothèse la plus favorable pour la commune, le bâtiment pourrait être reconstruit un jour, pour y mettre le personnel communal, comme l’a souvent suggéré le député wallon Yves Evrard ces derniers mois. « Mais pas de logements, c’est certain ! Pourquoi ? Il manquerait des places de parking autour », conclut Michèle Mons delle Roche.

Thierry Laroche en a lui-aussi ras-le-bol de cette situation. Il interpelle les autorités communales pour faire taire les rumeurs. « Nous aurions souhaité prendre des mesures afin de réhabiliter cet immeuble, mais la compagnie d'assurance du locataire de la maison voisine a demandé une expertise judiciaire, renouvelée de 6 mois en 6 mois pendant 2 ans, période pendant laquelle selon l'ordonnance du tribunal, il nous était interdit de faire les moindres travaux. Maintenant, nous sommes attaqués par l'autre voisin qui se plaint de l'humidité venant du fait que nous n'avons pas fait de travaux, lesquels nous étaient interdits...Notre immeuble n'est donc à l'abandon que parce que le tribunal en a décidé ainsi. Vous devez comprendre qu'en tant que victime, il nous est difficile de subir toutes ces attaques. Je vous implore de mettre fin à cette situation. Ou bien la Ville souhaite développer un véritable projet en acquérant le bien à sa valeur réelle. Ou bien laissez-nous développer un projet avec des promoteurs sans interventions intempestives visant à les décourager », écrit-il.