Les communes de Tintigny et Etalle seront représentées à la manifestation ce jeudi à Namur.

La Confédération Belge du Bois et l’association NTF-Propriétaires ruraux de Wallonie organisent, ce jeudi, un rassemblement à Namur pour dénoncer la gestion de la peste porcine africaine qui, selon elles, tue le secteur forestier. Des communes gaumaises manifesteront aux côtés d’exploitants forestiers, d’entrepreneurs, de pépiniéristes et autres propriétaires privés.

"Le collège d’Etalle apportera son soutien au secteur forestier", souligne le bourgmestre Henri Thiry. "Notre commune est, elle aussi, fortement impactée sur le plan budgétaire. Nous évaluons le manque à gagner, lié à l’absence de ventes de bois et de location de chasse, à environ 800.000 euros annuellement depuis 2018. Ce montant grimpe même à un million d’euros si l’on inclut les jeunes plantations."

Le bourgmestre stabulois poursuit en disant qu’il comprend certaines craintes tant que l’épidémie n’est pas totalement éradiquée mais qu’en revanche il s’étonne que certains travaux, comme l’enlèvement des scolytes, restent autorisés, alors que d’autres qui pourraient être réalisés en prenant les mêmes précautions ne le sont pas.

Benoît Piedboeuf, bourgmestre de Tintigny, annonce, lui aussi, que sa commune sera représentée, à Namur. "Nous manifesterons de manière pacifique car on constate qu’il n’y a aucune avancée en termes d’indemnisation pour les communes. Le gouvernement wallon doit assumer les conséquences des décisions qu’il prend. Chez nous, la perte annuelle s’élève à 600.000 euros. Si nous n’obtenons rien de cette façon, nous suivrons la voie judiciaire."

D’autres communes impactées par la PPA, comme Meix-devant-Virton, n’iront pas manifester à Namur.

"La ministre Celine Tellier a promis d’indemniser les communes", explique le bourgmestre Pascal François. "Nous avons rencontré le ministre Pierre-Yves Dermagne à Tellin. Il nous a fourni des éclaircissements. Nous sommes convaincus que les communes seront bientôt indemnisées."

Le secteur forestier et de la transformation du bois  exprimera son ras-le-bol.“Nous tablons sur une centaine de manifestants”, précise François de Meersman, secrétaire général de la Confédération Belge du Bois, co-organisateur. “Trois ou quatre camions d’exploitants forestiers arriveront dès 7 h. Une dizaine de camions sont attendus. Notre objectif n’est pas de bloquer les rues mais de montrer le mécontentement du secteur.”

Les manifestants sont attendus à 9 h devant l’entrée du Département Nature et Forêt, avenue Prince de Liège, à Jambes. Une délégation devrait rencontrer le directeur général du DGO3. Les participants se rendront ensuite en cortège à pied jusqu’à l’Elysette.

“Depuis le 17 septembre 2018, tout le secteur forestier et de la transformation du bois est à l’arrêt sur plus de 30.000 ha de forêts”, rappelle François de Meersman. “ Le 16 janvier dernier, la ministre Céline Tellier, a décidé, dans un nouvel arrêté ministériel, de poursuivre l’interdiction d’accès jusqu’à la mi-mai. Cette décision est lourde de conséquences socio-économiques.”

Les organisateurs évoquent des pertes sèches irréversibles en termes d’emploi local, qui mettent à mal non seulement l’approvisionnement des entreprises du bois mais aussi plus largement l’avenir de la forêt wallonne.

Certaines situations sont dramatiques et irréversibles : les premières faillites ont été constatées et d’autres menacent à court terme.

Nadia Lallemant