Les Zadistes s’occupent plutôt bien sur le site de la sablière… avant leur expulsion.

Les militants zadistes (ZAD, pour Zone à défendre) passent un hiver plutôt calme, et fort heureusement au chaud, quand on voit les températures affichées en ce moment. Il faut dire que le fait d’avoir construit des cabanes sur le site de la sablière, à Schoppach, leur permet aussi de "mieux" occuper la zone. Et les loisirs ont été légion durant les fêtes. "Le groupe musical René Binamé, assez connu dans le milieu militant, est effectivement venu donner un concert le jour de Noël. Il y avait aussi quelqu’un qui est venu nous faire des pizzas. C’était très festif, familial. Beaucoup de gens sont venus d’un peu partout, dont notamment des riverains d’Arlon pour partager un verre. Et on a aussi organisé un après-midi poésie et des jeux de rôle grandeur nature", explique Jacques, un Zadiste.

On l’a compris : les militants n’ont pas l’intention de s’ennuyer avant leur expulsion. "C’est aussi ça, le fait d’occuper un site. On joint l’aspect culturel à notre lutte sociale." Même si aujourd’hui personne ne sait quand les militants seront expulsés du site. "Nous avons eu une première visite d’un huissier en décembre. On attend toujours la seconde visite qui nous obligerait à quitter les lieux. On sait donc qu’on sera prié de partir. On a une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes pour le moment. On ne sait pas si ce sera demain ou dans plusieurs jours", nous dit-il.

Durant les fêtes de fin d’année, la ville d’Arlon a connu quelques dégradations matérielles. Des murs, abris de bus ou autres monuments "décorés" par des tags qui n’ont pas fait plaisir à tout le monde. "Je peux comprendre la réaction de certains, tout comme je comprends ceux qui ont fait ça. Ici à la ZAD, nous sommes là pour soutenir une cause. C’est notre lutte. Certaines personnes parviennent à mieux s’exprimer en taguant. C’est leur façon de s’exprimer et de faire passer leur opinion. Et puis, quand on parle de dégradation… le terme est peut-être un peu fort. Si la Ville estime que cela va coûter cher pour les enlever, elle peut toujours les laisser. Ça reviendra moins cher", ajoute-t-il.

Des actions de soutien

Force est de constater que le mouvement zadiste a pris de l’ampleur au fil du temps. Il n’est pas rare de voir des citoyens apporter leur soutien à ces militants. Et il n’y a pas qu’à Arlon que la sablière fait parler d’elle. "Il y a des soirées qui ont été organisées à Namur, Bruxelles et vendredi passé à Charleroi. Les gens nous soutiennent. Ils ont compris que nous ne défendons pas seulement Arlon et son environnement. Notre lutte, c’est être présents partout où la nature est en danger. La sablière, cela représente ‘un endroit’ de notre combat", conclut Jacques.

Laurent Trotta