Damilot prend 17 ans. Des circonstances atténuantes ont été retenues

Le couperet est donc tombé ce vendredi vers midi : reconnu coupable du meurtre de Jean-Sébastien Spoiden (32 ans), Giovanni Damilot écope d’une peine de 17 ans de prison. On rappelle que ce dernier a tué, à l’aide d’une hachette, son ami le soir du 24 février 2018, au domicile de ce dernier, à Les Hayons (Bouillon). Une sanction moins sévère que celle initialement demandée par l’Avocat Général, Thibaut Vandamme.

"Vu les antécédents de l’accusé, j’estime que le prix à payer pour protéger la société doit être de 30 ans, avec une mise à disposition d’une durée de 15 ans auprès du tribunal d’application des peines", disait-il en matinée.

La peine repose sur les motifs suivants : la gravité extrême des faits, commis avec froideur et efficacité, qui révèlent un mépris inadmissible pour le respect de la vie. les conséquences dramatiques après de la famille de la victime ainsi que la personnalité de l’accusé avec le risque de récidive. Le jury a pourtant trouvé des circonstances atténuantes à Giovanni Damilot. Comme par exemple le contexte de sa jeunesse, où il a été dépourvu de modèle parental, en étant progressivement en décrochage. Son jeune âge et le contexte alcoolisé des faits.

Un petit "ouf" de soulagement pour la famille de Jean-Sébastien Spoiden qui est restée digne toute la semaine. "C’est un petit soulagement. La semaine a été difficile et usante. On attendait 20 ans de prison. Mais 17 ans, c’est quand même justifié", précise Morgane Spoiden, la soeur de la victime. A la question de savoir si elle est satisfaite du déroulement de ce procès, la réponse est affirmative. "Je remercie nos avocats, la justice, les jurés, ainsi que tous ceux qui nous ont accompagnés ces derniers jours. J’ai juste un petit regret : le fait de ne pas savoir pourquoi Giovanni a fait ça. J’aurai bien voulu lui demander, je n’ai pas pu. Il dit ne toujours pas savoir les raisons. Moi, je pense qu’il sait, mais qu’il ne veut pas le dire", poursuit-elle en affirmant que sa famille a définitivement coupé les ponts avec celle de Giovanni Damilot depuis le début de cette affaire. "On n’a rien à se reprocher. Maintenant, on va pouvoir faire notre deuil", conclut-elle.

Du coté des avocats la défense, on a fait avec ses armes pour éviter que l’accusé ne "pourrisse", comme l’a souligné Me Guiot dans sa dernière plaidoirie. Pointer le contexte social et familial de Damilot, c’était bien vu. "Un papa qui aime la boisson et qui l’accompagne au café. Un décrochage scolaire et sa maman qui ne sait plus trop se souvenir des raisons. Une première insertion professionnelle gâchée par un manque de volonté évident… Quel gâchis ! Si Giovanni Damilot avait eu une adolescence normale, dans un contexte plus sain, serait-il ici, devant vous, aujourd’hui ?", disait-il aux jurés avant la délibération. Le mot de la fin pour la juge Annick Jackers : "Mr Damilot, Vous êtes capable de changer,. Montrez que vous êtes digne de confiance et que vous êtes prêt à changer."

L.T.