On peut dire que Yohan Piquard, (35 ans, de Neuvillers), conducteur de train à la SNCB, a eu de la chance, même s’il a attrapé le Covid-19.

"Après une grosse semaine passée aux urgences, j’ai finalement pu rentrer à la maison où je suis toujours confiné. Mais ça va mieux. Vu mes antécédents et mon âge, je ne pensais pas que ça pouvait m’arriver. Il faut le vivre pour le croire », nous apprend-il.

Il raconte que sa vie a donc basculé entre le 12 et le 16 mars dernier. Les premiers symptômes sont apparus soudainement. Fièvre persistante, douleurs articulaires, difficulté respiratoire, le tout va crescendo…un état général qui l’oblige à se rendre une première fois aux urgences à Libramont.

"Ce jour-là, le médecin de garde me laissera finalement sortir en me filant des anti-douleurs et un spray pour la gorge. Evidement, ce n’était pas suffisant", poursuit-il. Effectivement, car les symptômes persistent et trois jours plus tard, Yohan se rend à nouveau aux urgences. Cette fois, son cas est mieux examiné, le pays est passé en état d’alerte. "Par rapport à la première fois, j’ai eu droit à plusieurs tests : prise de sang, électrocardiogramme, test au Covid-19…J’ai compris que c’était plus grave que prévu quand on m’a demandé d’enfiler une "chemise de patient". J’étais parti pour rester aux urgences quelques temps."

Dans pareilles circonstances, l’angoisse et l’inconnu prennent le dessus. "A deux reprises, j’ai vraiment crû que je n’allais pas m’en tirer. La première fois, j’avais peur de m’endormir et de m’étouffer dans mon sommeil, de ne plus savoir respirer correctement. Je n’ai donc pas fermé l’oeil de la nuit. La seconde fois, c’était sous la douche. J’étais essoufflé. Il m’a fallu de longues minutes avant de retrouver une respiration plus normale. J’étais quand même plutôt rassuré d’être à l’hôpital. Je me disais que si j’avais un pareil souci, on pouvait plus rapidement m’aider ici qu’à la maison. Paracetamol, chloroquine et hydroxychloroquine m’ont aussi été prescrits. J’étais bien suivi et surveillé. Si ça marche comme médication ? Dur de dire si c’est grâce à ces médicaments ou bien si mon corps a vaincu la maladie. Les médecins restent évasifs à ce sujet", indique-t-il.

Yohan a aussi vu le changement de stratégie opéré par l’hôpital. Des mesures prises par le gouvernement fédéral et appliquées ensuite par tous les urgentistes du pays. "On comprend que ce n’est pas une blague lorsqu’on voit qu’on installe des barrières à l’entrée, pour filtrer les malades. Qu’on ouvre une aile supplémentaire pour accueillir les patients, etc..Bref, j’ai vu ces changements de l’intérieur, en quelques jours seulement, et je dois dire chapeau au personnel! Tous ces gens ont été formidables et jamais ils n’ont donné l’impression d’avoir peur. Bravo à eux. Et surtout, restez chez vous", conclut-il.