Luxembourg Il en manque une centaine. Selon Stéphane Thiry, il faut revoir leur intégration

Les volontaires ont-ils leur place dans l’organisation de la sécurité civile ? Le capitaine Stéphane Thiry, commandant de la zone de secours Luxembourg, en est convaincu. Selon lui, il faut revoir leur intégration dans le système. "Il est de plus en plus difficile de recruter", déplore-t-il. "Le turnover s’accentue. Des pompiers volontaires arrêtent car l’impact sur leur vie de famille des formations le samedi et des gardes est devenu trop important. Ils ne parviennent plus à concilier les deux."

Depuis la création de la zone de secours unique, en 2015, le nombre d’heures de formation est passé de 80 à 200. "Aujourd’hui, il faut suivre des cours pendant deux ans et demi le week-end pour accéder au volontariat", poursuit-il. "La charge qui s’ajoute aux activités professionnelles est trop lourde et certains s’épuisent"

Actuellement, la zone de secours compte 440 volontaires. Il en manque une centaine. "Le citoyen doit bénéficier de secours de qualité", rappelle Stéphane Thiry. "Je pense que l’on oublie trop souvent que c’est là notre raison d’être. C’est dans le cadre de la réalisation de cet objectif que nous devons constater l’importance de disposer des effectifs suffisants pour l’accomplissement de nos missions. Il est bien entendu important de disposer de matériel de qualité mais il est encore plus important de disposer du personnel formé et en nombre suffisant pour la réalisation de toutes nos missions."

Dans ce contexte , il est urgent, dit-il, de revoir l’intégration des volontaires dans le système mais également d’innover. "Il faut mettre en place des aménagements du temps de travail avec les employeurs, aller plus loin dans le cadre des congés éducation mais aussi améliorer l’organisation des formations."

Du côté des professionnels, ils sont 230 actuellement. Le commandant de la zone s’est fixé comme objectif d’une part, d’en engager 12 en plus en 2020 et d’autre part, d’atteindre la barre des 290 pompiers professionnels dans dix ans.

Nadia Lallemant