Luxembourg Le manque à gagner pourrait atteindre, dans deux ans, les 100 millions d’euros.

Les forestiers gaumais, impactés par les mesures prises dans le cadre de la lutte contre la peste porcine africaine, sont colère. Ils se demandent quand et de quelle manière ils seront indemnisés.

Jean-Louis Bodart, le patron de la SPRL Gaume et Bois, la principale société forestière concernée puisqu’elle exploite 30 000 des 32 000 mètres des zones noyau et tampon, ne cache pas son inquiétude. "Un tiers de notre stock est bloqué", déplore-t-il. "Environ 20 % des arbres sont touchés par les scolytes. Si l’exploitation des bois scolytés reste interdite pendant deux ans, les épicéas seront ravagés à 100 %."

Les forestiers gaumais ont estimé, sur base de ce scénario, que le manque à gagner pourrait s’élever à 108 000 000 euros car non seulement ces bois morts n’auront plus de valeur mais en plus leur évacuation génèrera des frais importants. Dans le meilleur des cas, à savoir si les arbres scolytés sont sortis de ces zones avant le printemps, la perte s’élèverait à 10 800 000 euros. "Le gouvernement wallon a prévu un budget de 9 000 000 d’euros pour combattre la peste porcine cette année alors que le coût de la pandémie des scolytes concomitante sera bien plus élevé", relève Jean-Louis Bodart.

Autre motif d’inquiétude : la récente découverte de deux sangliers viropositifs dans la Zone d’observation renforcée. Une découverte qui va entraîner l’extension de la zone tampon. De son côté, le ministre wallon de l’Agriculture et de la Forêt, René Collin, annonce, en ce qui concerne les épicéas scolytés, qu’une programmation des travaux va être fixée avec une désinfection assurée par la Wallonie. "Le travail est en cours afin de prioriser les zones à forte présence de scolytes", souligne-t-il. "Par ailleurs, l’Office économique wallon du bois poursuit le travail d’évaluation des pertes."

En ce qui concerne les services qui dépendent de Pierre-Yves Jeholet, ils restent à la disposition des entreprises pour des situations particulières, comme, notamment, le prêt de trésorerie.

Nadia Lallemant