Luxembourg Les opposants à l’extension des élevages industriels demandent la création d’une commission communale sur l’agriculture.

À Nassogne, les projets d’extension de deux poulaillers industriels font décidément couler beaucoup d’encre. Dans un article paru la semaine dernière, la Fédération Wallonne de l’Agriculture soulignait la nécessité de soutenir le secteur de la volaille pour répondre à la demande wallonne et limiter les importations.

"Contrairement à d’autres secteurs, le frein n’est pas la question financière, mais les citoyens", nous expliquait Caroline Decoster, conseillère à la FWA. "Les gens veulent de la volaille locale, mais pas qu’elle soit élevée près de chez eux."

Un phénomène Nimby (l’acronyme anglophone pour "Pas dans mon jardin") dans lequel les opposants aux élevages industriels de Nassogne ne se reconnaissent pas. Pour eux, ce n’est pas la localisation mais bien la nature des élevages industriels qui pose problème.

"Jamais, au grand jamais, nous ne nous opposons à l’installation de poulet local de qualité. Mais quand nous parlons local, nous pensons plus globalement qu’une simple localisation physique. Nous nous questionnons sur l’origine des poussins, des aliments, et bien sûr de la destination des produits finis", réagit Philippe Pirlot, porte-parole du mouvement.

En décembre dernier, le groupe déposait une motion devant le conseil communal de Nassogne plaidant notamment pour la création d’une commission communale sur l’agriculture. "Nous voulons réfléchir avec tous les acteurs du milieu - agriculteurs, pouvoir communal, riverains, environnementalistes - aux meilleures possibilités pour que notre région reste un territoire rural agréable à vivre pour toutes les personnes qui la fréquentent", poursuit Philippe Pirlot. "Nous souhaitons réellement que les agriculteurs de la commune se lancent dans des filières différenciées comme la production biologique. Nous devons importer des produits bios parce que nous n’en produisons pas assez. Certains agriculteurs nassognards l’ont d’ailleurs compris puisqu’ils se lancent dans ce type de production. Ce problème de poulets est illustrateur du modèle que l’on veut justement quitter : la logique de la quantité où l’on recherche le rendement, l’argent, la performance, la compétition, en ayant une vision à court terme."

Pour rappel, les deux projets au cœur de la polémique prévoient 130 000 poulets supplémentaires par cycle de rotation entre Harsin et Ambly, l’un passant de 125 000 à 156 000 poulets, l’autre de 40 000 à 140 000 poulets. Le tout à raison de plusieurs cycles de rotation par an.

N.P.