Luxembourg Expert en faux, l’ancien détenu a également produit ses propres ordonnances médicales

Un ancien détenu de la prison de Marche est actuellement poursuivi devant le tribunal pour plusieurs escroqueries commises alors qu’il était incarcéré. On lui reproche notamment d’avoir produit de faux documents médicaux pour se procurer un traitement.

"Le médecin de la prison refusait de me délivrer mes médicaments, même ceux sans ordonnance", explique-t-il à l’instruction d’audience. "C’est ce qui m’a poussé à commettre des faux. J’ai subi un véritable acharnement de la part du médecin chef et du directeur de la prison. En attendant, mon état s’est dégradé et je vais devoir subir une intervention chirurgicale à l’étranger."

Le prévenu est également suspecté d’avoir escroqué plusieurs voisins de cellule, dont il aurait exploité la crédulité. "Ils connaissaient mes "compétences en matière de faux. L’un d’eux a fait appel à moi pour obtenir des fonds afin de régler ses dettes envers les dealers de la prison. Je l’ai sorti de pas mal de problèmes. Il aurait ramassé un coup de couteau si je n’étais pas intervenu."

Le prévenu effectuera diverses opérations frauduleuses pour permettre à son voisin de chambrée de toucher des arriérés d’allocations auxquelles il n’avait pourtant plus droit suite à son incarcération. Un coup de main chèrement facturé. "Mon client sait à peine lire et écrire", souligne l’avocat du prisonnier floué. "Monsieur lui a fait signer une convention de prêt avec un taux de remboursement de 50 %. Ainsi qu’un engagement de céder l’intégralité de ses revenus, même s’ils ne dépassaient pas le revenu minimum d’intégration. Avec un ami comme ça, plus besoin d’ennemis !"

Le faussaire en aurait également profité pour puiser de l’argent sur le compte du codétenu. Lequel lui réclame aujourd’hui plus de 11.000€. "Cet argent ne lui appartient pas", estime la défense. "Il appartient à l’État, à la sécurité sociale. Ce sont des indemnités auxquelles le codétenu n’avait plus droit."

Le dossier reprend aussi des faits de grivèlerie et d’usurpation. La défense demande l’absorption avec une précédente condamnation devant la Cour d’Appel. Le parquet réclame 8 mois complémentaires.

N.P.