Les plaidoiries des avocats ont eu lieu ce matin. Coupable ou pas? Giovanni Damilot devrait être rapidement fixé.

Quatrième jour du procès de Giovanni Damilot (24 ans), accusé du meurtre de Jean-Sébastien Spoiden (32 ans) dans le village de Les Hayons (Bouillon) le 24 février 2018. Ce jeudi matin, les avocats des deux parties ont pu plaider. D’abord Me Anne-Catherine Mignon, représentant les parties civiles : Martine Pougin (maman de Jean-Sébastien Spoiden), Michael Spoiden (frère), Morgane Spoiden (soeur) et Dany Damilot (beau-frère). Elle commence avec un rappel du lien unissant l’accusé et la victime. « La confiance et l’amitié liait ces deux personnes. Ils étaient complices. Dans la famille, tout le monde a été présent pour Giovanni Damilot ces dernières années. Ils l’ont même hébergé à plusieurs reprises », dit-elle. Place ensuite aux faits et au comportement sordide de l’accusé. En s’adressant aux jurés : « Souvenez-vous bien de la façon dont on a retrouvé le corps de Jean-Sébastien Spoiden. Un crime odieux et bien organisé. Souvenez-vous aussi de la manière dont il a réussi à maquiller la scène du crime. Et enfin, devant les enquêteurs, il lui a quand même fallu trois heures pour avouer le meurtre. Il l’a avoué, mais uniquement parce qu’il se sentait meurtri par les pleurs de ses proches. Chez lui, il y a une absence totale de regret. Sa dernière question aux enquêteurs était d’ailleurs assez claire. Il voulait savoir combien d’années il allait choper pour ce crime », ajoute l’avocate qui conclut en rejetant une éventuelle justification des actes de Giovanni Damilot en raison d’une consommation abusive d’alcool et de stupéfiants uniquement.

L’AVOCAT GENERAL : « JE VIS AVEC SPOIDEN DEPUIS 2 ANS »

L’Avocat Général, Thibaut Vandamme, prend ensuite la parole pour expliquer la position du Ministère public. Il replace d’abord le contexte de cette affaire et rappelle, une dernière fois, les devoirs que les jurés auront cet après-midi. « Votre objectif est de trouver la juste et correcte application de la loi. Les coupables doivent être condamnés comme tel, et l’être « justement. Et si vous estimez Giovanni Damilot coupable, je serai alors le seul à conseiller sur la peine, mais je n’en retirerai aucune gloire personnelle », leur dit-il. Il poursuit en expliquant qu’il vit « avec Jean-Sébastien Spoiden » depuis deux ans, le jour où il a appris la mort de ce dernier et qu’il s’est emparé de l’affaire. « Jean-Sébastien Spoiden? Un homme que l’on peut qualifier de : « bien, correct, poli, courtois. Il ne posait pas de problème aux autres. Il payait toujours son loyer et si besoin, il en parlait avec la propriétaire des lieux. Les policiers locaux n’ont jamais eu à se plaindre non plus », dit-il en substance.

LA DEFENSE : « DAMILOT A HONTE »

La parole est ensuite donnée aux avocats de Giovanni Damilot. Me Crasset se lance en premier. « Notre client nous a d’abord demandé de démarrer notre plaidoirie en vous disant qu’il compatit à la douleur et à toutes les émotions négatives que la famille proche (et élargie) peuvent avoir en ce moment. On peut lui reprocher pas mal de choses, mais pas le fait de ne pas vouloir éclaircir les dernières zones d’ombre qu’il reste dans ce dossier. On lui reproche une stratégie derrière ce meurtre ? Non, jamais il n’en a eu l’intention. On entend qu’il n’a pas de regret? Non. Dès le départ, il a exprimé ses remords. Le terme utilisé devant les enquêteurs était d’ailleurs : la honte. Il l’a réellement dit, contrairement à ce que certains prétendent. L’accusé est responsable d’avoir trop consommé d’alcool ce jour-là. Oui, c’est vrai. Il n’explique pas son geste, il ne le comprend pas. Accidentel, ce premier coup de hachette donné par Giovanni Damilot La suite? L’horreur . Inexplicable », dit-il en substance. Son confrère, Me Guiot, abondera dans le même sens. Les plaidoiries sont maintenant terminées. Les jurés vont délibérer cet après-midi. Une seule question leur est posée : Giovanni Damilot a-t-il volontairement tué Jean-Sébastien Spoiden ? On pourrait connaître la réponse en fin de journée. Le cas échéant, la peine sera prononcée vendredi matin.