Antisocial avec une touche psychopathique, voilà les conclusions du psychiatre à l’égard de l’accusé.

Troisième jour du procès de Giovanni Damilot, accusé du meurtre de Jean-Sébastien Spoiden en février 2018 à les Hayons (Bouillon). Ce mercredi après-midi, l’expert psychiatre a pu témoigner. Sans surprise, on retient des troubles évidents de comportement chez l’accusé. "Giovanni Damilot est une personne avec un caractère antisocial et présentant une touche psychopathique. Si un trouble mental a altéré sa capacité de discernement au moment des faits? Non. Tous les tests réalisés durant l’expertise indiquent qu’il faut exclure un trouble mental éventuel. Il y a une absence d’empathie dans sa personnalité. Il n’a pas de regrets", explique Anthony Schena. En d’autres termes, Damilot était bien conscient de ses actes. 

À la question de savoir si l’accusé présente un risque de récidive, la réponse est évidente. "Oui, clairement. Les résultats des tests ont donné un score assez élevé, dans son cas. Il y a aussi plusieurs facteurs qui nous amènent à conclure de la sorte : son jeune âge, ses antécédents judiciaires, ses gros problèmes avec les stupéfiants et l’alcool, son caractère violent… Le risque de récidive estimé, même s’il n’est que théorique, est élevé. A mon sens, il présente un danger pour la société. Un danger aujourd’hui et dans le futur", ajoute-t-il. 

Après l’expert psychiatre, la maman de Giovanni Damilot est appelée à la barre. "J’ai essayé de tout faire pour bien l’éduquer. J’ai tenté de le protéger de toutes ces mauvaises fréquentations. Je ne l’ai jamais laissé tomber. Adolescent, il était gentil, attentionné. Ça a dérapé vers ses 16 ans", dit-elle au début de l’interrogatoire. La maman a visiblement du mal à s’exprimer et surtout à convaincre, expliquant qu’elle a une grande famille à gérer, qu’elle est seule et qu’elle n’a sans doute pas pu, finalement, aider Giovanni. 

Le contexte familial, avec un papa assez autoritaire et violent, n’explique pas tout. On la sent perdue dans l’auditoire face aux questions de la juge Annick Jackers qui tente d’en savoir plus sur son fils. "Je n’en sais rien. J’ai appris pas mal de choses grâce aux réseaux sociaux. Qu’il fréquentait des 'cougars' , qu’il se droguait". Avec des expressions toutes faites, comme : "Voilà, quoi!", qu’elle répète en guise de réponse. "Madame, on parle quand même de votre fils, jugé en Cours d’assises. Vous devez quand même vous souvenir de certains détails, lorsqu’il était adolescent", lui rétorque la juge. "Oh! Vous savez, ça date de plus de dix ans. Je n’en sais rien, moi. Ce qu’il a fait à cette époque, comment ça s’est passé…", insiste la maman. 

En résumé, une mère qui semblait ne pas pouvoir ou "ne pas trop vouloir" développer les questions. C’est en tout cas l’impression laissée à l’auditoire ce mercredi après-midi. "Je l’aime, mais je lui en veux. Je n’accepte pas ce qu’il a fait", conclut-elle quand même. Un comportement qui reste quand même assez surréaliste dans ce genre de dossier. Inutile de préciser que les regards se sont rarement croisés entre l’accusé et sa mère…