Le 15 juillet 2018, Philippe Lemaire est soupçonné d'avoir abattu Marie-Thérèse Roufosse d'une balle dans la tête alors qu'elle se trouvait dans son café "Au New Tacot", à Bastogne, et ce en présence de plusieurs clients. Deux d'entre eux sont venus témoigner mardi matin devant la Cour où le tireur doit aujourd'hui répondre d'assassinat.

Les deux témoins expliquent avoir remarqué que Philippe Lemaire et la victime "se chamaillaient". "Je n'ai pas envie de te parler pour ne pas que tu t'énerves", aurait déclaré la victime au tireur dans les minutes précédant le coup de feu, avant de se tourner vers les deux clients en ajoutant, "rhôôô, il est chiant", "faut pas faire attention à lui".

 Les témoins expliquent avoir vu l'accusé s'avancer derrière la victime et lui mettre un petit revolver derrière la tête. "Quand j'ai vu cette dame les yeux révulsés, j'ai compris qu'il s'était passé quelque-chose de grave", explique l'un des témoins. "Sur le coup, j'ai pensé à une agression gratuite. Il ne s'était rien passé. La victime n'a rien vu venir." Les clients ont rapidement quitté les lieux. "On a choisi de sauver notre peau et de nous rendre à la police. Le tireur est parti vers l'arrière."

Présent sur place le soir des faits également, mais à l'extérieur du café, le fils de la victime s'est notamment exprimé sur la relation qu'entretenaient sa mère et l'accusé. "Au début ça allait. Puis à l'été 2017, ça a commencé à se dégrader petit à petit. Il était collant. Ma mère n'aimait pas ça", déclare le jeune homme de 22 ans à la Cour. "Philippe lui en voulait pour diverses raisons. Il s'inventait des choses alors qu'ils n'étaient plus ensemble." Le fils de la victime évoque les messages menaçants qu'envoyait Philippe Lemaire à sa mère. "Elle me disait qu'on était plus en sécurité quand on était proche de Philippe Lemaire que quand on s'en éloignait." Le soir des faits pourtant, rien ne laissait présager qu'il passerait à l'acte, estime le jeune homme.

Parmi les témoins appelés à la barre mardi matin, plusieurs des personnes gravitant autour du "New Tacot" à l'époque des faits. "Entre Philippe et Marie, c'était "je t'aime, moi non plus"", expliquent un ancien locataire et une ancienne serveuse. D'après eux, Philippe Lemaire aurait à plusieurs reprises exprimé l'intention de tuer Marie-Thérèse Roufosse et son fils. "Des paroles en l'air", avaient alors pensé ces témoins.

Les avocats de la défense plaideront le meurtre sans préméditation.